AccueilAccueil  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Candeur. [Tomoe.]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Candeur. [Tomoe.]   Mer 21 Nov - 17:01

Ombres.
Lui dire.

Lui dire combien son chant te manque. Lui dire à quel point ses mains graciles, douces, fines, lui font défaut lorsque les siennes, bien plus larges, sont incapables de s'emparer d'un petit élément, échoué sur le sol. Lui souffler la vénusté, la candeur de son corps de fée. Ses oreilles, très légèrement pointues, de créature mystique. Ses cheveux sombres, de bois. L'aider à grimper sur l'arbre qui lui fait tant envie. La mirer, assise sur la branche de son choix. Haute. Prendre peur en pensant à sa chute probable. Se souvenir qu'elle aussi, possède le don des chats.
Elle ne lui ressemblait pas. Physiquement. De grands yeux en amande, couleur de jade. Brillants. L'écorce hâlée par le soleil, typée des steppes, la peau des hommes qui restent là, des jours durant, à la chasse. La peau exposée. Les rayons solaires, réfléchis par la neige. La peau, divinement brûlée. Radieuse. Des boucles souples. Soyeuses. Terre de Sienne. Les lèvres fines. Le plus beau sourire du monde, lorsqu'elle est heureuse. Lorsqu'elle joue, pendant des heures, avec Naddy. Sa voix cristalline. Pure. Son petit corps, qui grandit toujours. Ses robes. Ses jupes. Ses collants lourds, ses pulls à cols roulés. La pâleur de son poignet droit, caché par ses innombrables bracelets. L'unique boucle d'oreille. Elfique. Coquette. Précieuse. Simplement belle. Naturelle.
Un ange.
Une fée.

Belle dans ses rires. Belle dans ses larmes. Une parole divine. Un seul mot d'elle, pour les faire blêmir. Sa force, son innocence. Sa joliesse, ses joues rondes, qui gonflent quand elle est contrariée. Les amours indécents des personnages qu'elle se crée. Ils sont autour d'elle, esprits, fantômes, farfadets, lutins. Ogres à combattre, démons à pourchasser. Et son chevalier servant. Son guerrier protecteur. Brandissant fer, bouclier pour elle. Serviteur dévoué. Sa mie, la dauphine sanctifiée. Celle pour qui son coeur cesserait de battre, à l'instant où elle le demanderait. Qui l'aide, quelque soit les conséquences. Bras droit. Conseiller. Pitre. Il était tout pour elle. Son univers, sa galaxie, tout ce qui la composait gravitait autour de lui.

Petite Princesse rêvait d'évasion. Elle alla le quémander, pleurant à chaudes larmes. Il s'incline, révérence. Face à tel spectacle, s'agenouille. Baisse la tête. Honte. Lève-toi. Obéit. Robe en lambeaux et visage sombre. Ses grands yeux cernés du noir du désespoir. L'antique berceau, la cage dorée, ne lui suffit plus. Elle a besoin de l'espace. Il lui est impossible de cueillir la Lune pour ses plaisirs nocturnes. Il ne peut non plus braver les mers seul, sur son rafiot craquant. Mais il sait conduire un carrosse. Même, monter à cheval. Ses désirs sont des ordres. Ses peines, les étreintes étouffantes d'un coeur empli de solitude. D'amour. Il l'attrape par la taille. S'enfuit. S'échappe. Personne ne les remarque. Mage à ses heures perdues, quelques concoctions de la table d'alchimie suffisent à tromper la majeure partie des gardes du château. Descendre. Descendre les escaliers interminables, se rendre dehors, dans la cour. Les pavés défaits, les reliures grossières. Courir aux écuries. Tromper la vigilance des écuyers. Voler un cheval. Ne pas le seller. Au galop.

Loin. Très loin.
Quitter les flancs des montagnes enneigées. Partir. Descendre. Toujours plus bas. Pour aller où? Là où il ne neige plus. La où le soleil ne brûle pas. Là où tout sera appréciable, apprécié. Là où il n'y aura personne, à des kilomètres à la ronde. Là où les arbres gardent leur sève. Là où les pieds ne foulent pas les terres. Une place vierge. Là où la nature possède encore tous ses droits. La terre du petit peuple. La où l'on donnerait naissance à l'elficologie, qui se perpétuerait, pour toujours.
On apprendrait à ne pas arracher les fleurs du sol, puisqu'il s'agirait en réalité de la maison d'une pixie. Et que c'est précieux. Comme les enfants.

Les plaines. La montagne, au-dessus d'eux, n'est plus qu'un souvenir flou. Les arbres, à perte de vue. Les étendues, verdoyantes, chaleureuses. On entend les oiseaux. On entend les animaux. Le crissement des feuilles lorsque le vent vient les caresser. Et les giveboises qui poussent sur les côtés, près des sentiers. La rivière, qui afflue. Qui ne stagne pas. Les poissons qui la remontent. Les cerfs, les sangliers, qui peuplent le lieu au même titre que les lutins, les dryades, les elfes. Ils sont l'unique présence humaine. Ils sont seuls. Comme seuls au monde.

Mais ça, c'est uniquement dans ses rêves.
Il est seul. Tout seul.

Le tronc contre lequel il est assis a pour circonférence, et de très loin, la taille de plusieurs voitures collées les unes aux autres. Jamais arbre ne fut si grand. Pas aussi près d'une ville. La forêt, en soi, avait quelque chose de mystique. De clairement magique. il aimait cet endroit. Ce n'était pas la première fois qu'il venait. Souvent, Rocio demandait à être seul. Le travail, l'amour de la solitude. Il comprenait tout à fait. Il avait aussi bon nombre de jours de repos. Le travail dont il était affublé n'était pas des plus faciles à tenir au quotidien. Il avait parfois, besoin de prendre l'air. De s'en aller. Et à défaut de pouvoir quitter le pays, il se réfugiait ici. Sur la terre de ses ancêtres.
Aacaeleb Belia. Son nom lui-même était elfique. Un elfique de la toundra. Des contrées gelées. Une place guère attractive pour l'homme lambda pour qui soleil et chaleur sont indispensables à la survie. Ceux qui ont froid en eux. Qui ont constamment d'être frictionnés. Réchauffés. Parce qu'en eux, l'ère glacière est encrée. Ils n'ont pas la douceur du coin du feu au fond des poumons lorsqu'ils parlent, sous les paumes de main quand ils serrent celle des autres. Pas cette lumière bienséante, enthousiaste, dans leur regard. Il venait de là où tous s'embrassent sur la bouche pour se saluer. Où dire je t'aime n'est pas rare ni étrange. Où les accolades et les embrassades sont naturelles. Un autre monde. Ardent. Brûlant de tendresse.
Une tendresse qu'elle avait perdu en chemin.

Il la revoit sans qu'elle soit présente. Il la laisse filer. S'il tend le bras vers le haut, il touche les premières branches. C'est un saule pleureur.
Ses préférés.

Il est bercé par les mélodies qui défilent sans ordre au creux de ses tympans. Doucement, ses yeux se ferment. Il ne rêvera pas, il a trop à faire.
Sentir les pas du petit peuple autour de lui. Sentir l'odeur des feuilles mortes, échouées autour de lui. Entendre si quelqu'un vient.
Si quelqu'un a besoin de lui.


Un poste assez libre. Tu peux rebondir comme tu veux et, bien entendu, si tu ressens la moindre gêne vis-à-vis du texte, n'hésites pas à m'en faire part. En espérant que cela te convienne.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   Ven 23 Nov - 15:01

( Non, t'inquiète, c bon pour moi ^^)



Parfois y’a des moments dans la vie ou on perd patience ou même tout simplement
on perd le contrôle de sa rage, ce qui est parfois difficile à garder pour soi. Et ça Tomoe ne pourrais pas dire le contraire, il a toujours su rester zen… ne pas montrer d’émotion négative, et cela malgré qu'il soit sans cesse poursuivit par les autorités et autres.
Pourquoi, quel mal avait-il fait ? Aucun, à part celui de vouloir être libre et ne dépendre que de lui même.
Mais à croire que dans ce monde, être libre était un péché.

Pourtant, il suffisait qu'il lève les yeux vers ce splendide ciel bleu, assis sur une de ces branches d'un sol pleureur et la tête appuyée contre le tronc et dame nature faisait le reste.
Il oubliait tout et se retrouvait apaisé.
Et pour plus profiter de ces moments tellement rare, il accompagnait toujours ceci, d'un bon saké.
Il déboucha la bouteille, une qu'il avait dut encore volée dans un magasin quelconque. Et esquissant un sourire satisfait il la porta à sa bouche, lorsque tout à coup, ses oreilles de renard bougèrent.
Un bruit...et plus précisément des pas.

Levant les yeux au ciel avec agacement, il espérait que ce n'était pas un couple venu faire leur petite affaire.
Doucement, sans un bruit, il se pencha et vit un être étrange.

- C'est quoi ça ? un elfe ? un truc du genre ?


L'inconnu semblait somnoler sous son saule pleureur.

*Super*

Le fixant de ses yeux ocre et avec plus d’attention, Tomoe remarqua sans mal l'extrême beauté de cet être. Et se penchant encore plus afin d'apaiser sa curiosité de renard, sa maladresse le fit renverser du saké sur la tête du beau dormeur.
Aussitôt, il reboucha sa bouteille de saké et embarrassé, il lui dit :

- Désolé ! Mais ne vous inquiétez pas, un peu d'eau et ça part.

Un sourire crispé se peignit sur sa bouche.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   Dim 25 Nov - 22:51

Etranger.
Tout ce qu'il faisait ne le menait à rien.

Il échouait, lorsqu'il n'abandonnait pas. Il faisait pourtant tout pour se racheter. Tout pour se faire oublier, disparaître, à jamais. Un rien le détruisait. Plus d'une fois, il s'est demandé si ne plus rien ressentir n'était pas la solution la plus facile, finalement. La haine, la férocité, toute cette colère accumulait croissait ainsi qu'un kyste au creux de son ventre, au fond de son âme. Le goût amer de la rage entre les dents. L'odeur du sang, encore inscrite sur lui. Elle le répugnait. Elle le dégoûtait. Il lui en fallait peu. Mais ce peu s'oubliait difficilement. Après tout, qu'est-ce que le sang. Ce qui nous donne la vie. Ce qui nous permet de marcher, de rire, de découvrir le monde. De grandir. De sauver Petite Princesse des mains du palais hanté. De l'emmener trouver une famille aimante auprès de ceux qui vivent dans les bois. Les êtres qui, eux, connaissent le sang par nécessité. Tuant pour manger et se vêtir. Fuyant guerres et conflits de toutes sortes. Des clans loin de certains actes barbares commis par leurs pairs, des êtres exilés, reclus, qui ont choisi passé un temps l'exil, la mort ou l'asservissement pour protéger leurs enfants, et ceux de leurs bourreaux.
On pouvait, définitivement, se passer de le contempler.

Ce monde, violent, ne fonctionnait pas de la sorte. Ça, Aacaeleb le savait. Le sang, on ne peut s'en défaire. Il est inscrit en nous, il circule dans nos veines, il fait partie de nous. Il aurait pourtant tout donné pour ne plus en avoir. Ni en lui, ni sur lui. Sur ces mains. Ces mains, qu'il redoutait. Ces mains, assassines. Protéger et servir. La devise de tout homme ayant prêté serment de chevalerie. Celui qui sert sa Dame devant Dieu si telle est sa destinée. Celui qui ne recule devant rien, ni personne. Affrontant dragons et chimères pour la Belle. Ne pas reculer. Ne pas tressaillir.
Revivre cet instant. Des milliers de fois. Toujours pareil.
Il aurait pu lui sauter dessus. L'étrangler, sauvagement. Lui crever les yeux. Le rouer de coups à s'en faire saigner les phalanges. Lui déchirer la peau du visage. Le tuer. Tout simplement. Le tuer. Tant de chemins, si peu de conséquences. Il faut bien cela pour sauver la femme que l'on aime. Ne pas avoir peur. Braver les épreuves. Assumer, aussi. Surtout.
Il a choisi de tirer. Le doigt qui caresse la détente, la main qui fait trembler la crosse. Des images, gravées au fin fond de ses rétines. es sensations qu'il n'oubliera jamais. Le temps presse les souvenirs et la mémoire ne s'efface pas, comble pour celui qui oublie tout, très vite. Il y a des mots que l'on ne peut effacer. Des sensations qui restent, des douleurs qu'on garde. On les fait partager, par écrit, par des sons, par des chants, des images. Vocation de l'Art en soi. Mais arrive un moment où, lire, contempler, écouter, ne suffit plus. Personne ne peut ressentir comme un autre individu. La catharsis passe avant tout par soi-même. Lorsque personne ne peut plus rien pour toi, c'est le moment de créer.

Les mains tressaillent durant le demi-sommeil. Un état durant lequel nul ne peut rien faire. C'est interne. C'est en soi. C'est purement et simplement intouchable. Il faut laisser faire. Il faut garder l'esprit ouvert. Il faut permettre au Dieu intérieur de toucher le point sensible, de le résorber, de le garder loin, loin du corps, qu'il ne fasse plus jamais souffrir. Plus jamais souffrir.
Sauf que les sourires, eux, ne s'omettent pas. Que les mémoires se jouent, en boucle, ritournelle épuisante, au creux du font. Juste au milieu des yeux. Regarde les peintures. Regarder, freiner l'étreinte au maximum, sans succès. Regarde les lacérations du couteau sur la toile. L'huile qui crève le papier tendu. La sève de l'arbre qui s'écoule lentement, qui colle au doigt, au doigt infâme, souillé, qui tente de la cueillir. Lâche-moi et pars. Va-t-en. Fous le camp. Tu m'as trahi. Je ne suis plus là. Je te hante. Esprit errant, mes cicatrices te seront transmises. Ressens ce que je ressens. Ce que j'ai pu ressentir à cet instant précis. Celui où tu m'as laissé. Où tu m'as quitté. Chevalier de pacotille, désabusé, honteux. Il aurait dû mourir, ce jour-là. Il aurait dû disparaître à tout jamais. Abandonner les esprits de la forêt, savoir que cela ne serait guère possible. L'inévitable fatalité. Fuir. Il a fui. Il est parti, il s'est en aller comme ça.
L'esprit n'y était pas.
Le cauchemar se répète.
Lui, il n’abandonnera pas. Ne baissera jamais les bras. C'est une tourmente sans fin. Les hurlements résonneront toujours en lui. Toujours en soi.

Elle tient un verre et lui la regarde de loin. Un calice ensanglanté. Il se sent léger. Terriblement léger. Son corps est froid. Guère plus qu'à l'accoutumée. Il s'effondre. Sent ses forces le quitter, l'épée lâchée, l'armure légère déjà trop lourde. La tête se balance. Le poids de la culpabilité qui se maintient sur ses épaules et qui appuie. Qui ne le laissera jamais en paix. Elle arrive. Les lèvres écarlates. Le sourire atroce. Déforme son visage d'ange, ange dont elle n'avait plus rien. L'innocence envolée. La beauté sauvée. L'ingénuité en cavale. La candeur morte. Cela n'avait rien de surprenant. Après tout, Lucifer lui-même avait été un ange.
Le liquide qui vient asperger son crâne. Une odeur forte, une odeur d'alcool. Un parfum abominable, monstrueux. Tellement monstrueux que ses yeux s'ouvrent d'eux même.

Ses rêves se faisaient de plus en plus réalistes. De plus en plus terrifiants.

Son épaule était humide. Sa chevelure de même. Un mince filet de nectar fort roulait entre ses deux yeux, gouttait sur son nez. Ses oreilles se laissait envahir. C'était du saké, et non pas de la vodka. Dieu sait qu'il préférait la vodka. Il ne s'y faisait toujours pas.

- Désolé ! Mais ne vous inquiétez pas, un peu d'eau et ça part.

Tu es coupable. Quoi que tu en dises. Quoi que tu fasses.
TU ES COUPABLE.

Tes sens t'alertent que tu es innocent. Toi, tu n'as rien fait de mal. Tu es sûr de ce que tu avances, et tu as raison. Être mêlé à tout cela te semble inévitable, pourtant, tu restes convaincu en ton for intérieur que tu es dans ton bon droit. Tu as raison. Tu n'es pas blanc comme neige, mais tu as fait ce qui fallait. Tu as été d'une correction, d'une humanité, exemplaire. Tu as fait ce qu'il était nécessaire de faire. Tu as demandé conseil, tu as agi selon. Mais cela ne suffit pas. Dans une vie aussi complexe que la tienne, il faut veiller à ne pas faire d'erreurs. Mais aussi, il faut anticiper, prévoir, et accepter les erreurs des autres.
C'est complexe. C'est délicat. Tu n'y peux rien, la vie est faite ainsi. Tu prends, presque plus que ce qu'on te donne. Tu dois le faire. Tu dois rester avec ceux qui tienne à toi. Ici, pas grand monde. Tu ne sors pas beaucoup. Tu as bien trouvé un travail, cependant, les rares êtres en vie que tu côtoies sont en deuil. Les rencontres sont difficiles. Les relations le sont. Et il faut bien l'avouer, tu te sens seul.
Malgré tout ce que tu peux dire, tu te sens seul. Entouré d'ennemis. Entouré par leur venin visqueux, collant, puant. Tu es seul.

Le nez en l'air. Sa silhouette en contre jour, l'homme du froid ne peut le distinguer clairement. Ce qu'il voit cependant lui suffit à paniquer. Deux oreilles. Deux oreilles bien droites.
Son regard se fige. Son corps se met à trembler. Il se mord la lèvre inférieure, ses mains se collent à son torse, il entortille ses doigts, il se les mord, replie ses jambes vers lui, et panique. Bredouille, d'une voix à peine audible.

- Qui... Qu'est-ce... Qu'est-ce que tu es? Un hybride, oui, mais quoi? Quel animal? Réponds!

C'est toi le coupable. Il n'y a qu'un coupable, ici, et c'est toi. Toi et tes oreilles. Toi et tes saloperies de manières, ton sourire qu'il devine mesquin, fourbe, cruel, ravi de sa position. Il n'y a rien qui le ravisse, bien au contraire. Le parfum du cocktail l'irrite à souhait. Son sourire, il n'existe pas. À la place se dessine sur les contours de son visage le désir d'en finir au plus vite. T'abandonner, ou t'achever. Tout dépend de ton taux de complicité.
Il s'imagine l'arme à la ceinture. Il donnerait tout pour qu'elle y soit. Pas besoin du regard pour savoir qu'il ne s'agit que d'une chimère. Toucher sa cuisse et quitter son illusion. Tendre le bras, aisément, attraper la première branche solide et l'attirer vers le sol. Celle où il se tient.

- Réfléchis bien. Je t'assure. Réfléchis.

L'approcher de son visage sérieux. Pas un seul écart dans la langue qui n'est pas la sienne. Ma serannas, les dieux le gardent de leur courroux. Diheno nin, cela risque de ne pas se garder d'être une simple discussion, si la réponse est mauvaise.
Il le priait. En toutes les langues. N'importe comment. Il se gardait de croire en Dieu, mais Dieu, s'il te plait, entends ses prières. Une fois seulement.

Pas un grizzli.
Les larmes salées couvertes par le liquide brûlant sur sa peau de nacre.
Pas de grizzli.
Faiblit.
Pitié.
Non.
Pas ça.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   Jeu 29 Nov - 14:31

- Qui... Qu'est-ce... Qu'est-ce que tu es? Un hybride, oui, mais quoi? Quel animal? Réponds!

Ses oreilles se mirent à bouger en même temps, tandis qu’il le regardait avec des yeux tout rond.
Chaque jour et chaque année qui passaient et depuis l’accident de la centrale nucléaire, Tomoe avait eu droit à toute sorte de réactions, et cela depuis sa naissance.
D’abord la fuite, accompagnée d’un joli cri strident à s’en briser les tympans, surtout les siennes, étant donné qu’elles étaient surdéveloppés.
Ou alors l’attaque, il avait déjà eu droit au lancé de tomate ou même de chaussure. Rare était le cas du sac à main, dommage, il aurait pu s’emparer du portefeuille.
Et enfin, la peur. Celle qu’il préférait entre toutes.
Il ne le répondit pas, laissant avec amusement la frayeur s’emparer de inconnu.

- Réfléchis bien. Je t'assure. Réfléchis.

Cette foi-ci,le kitsune se mit à rire. Alors là, il état tombé sur un cas.
Et descendant avec agilité de l’arbre, il posa sa bouteille de saké au pied de celui-ci et agitant sa queue comme le ferait un chat, l’hybride s’approcha du peureux.

- Je suis un hybride renard. T’es de la chance, car si j’avais été un loup je t’aurais déjà mangé. Fit-il avec une légère ironie tout en le fixant de ses yeux devenu ambre pur.

Malgré l’air sympathique que cet être affichait, Tomoe pouvait y déceler une certaine instabilité voir des tourments qui l'assaillaient.
Était-ce son 6 ème sens comme le possédait les animaux, ou juste le fait de savoir lire sur ce visage apeuré et perdu, allez savoir…mais une chose était sûre, cette personne n’allait pas bien.
Néanmoins, le kitsune s’en méfiait. En aucun, il devait se laisser amadouer ou submerger par une quelconque pitié. Peut être était –ce tout bonnement de la comédie.
Il avait déjà maintes fois eu affaire à ce genre de personne hypocrites.
Et les leçons du passé, il les avaient bien retenues.

Lâchant un soupir, il se baissa pour reprendre son saké et tendant la bouteille vers l‘inconnu :

- Boit un coup, ça te fera du bien. Et tu n’as rien à craindre de moi, sauf si tu as dans l’idée de m’attaquer.

Et s’asseyant en tuteur face à l’inconnu, Tomoe ne prononça absolument aucun mot, se contentant juste de contempler la beauté presque surnaturelle de cet être. Le kitsune devait s’avouer qu’il n’en avait jamais vu des comme lui.
Les sens de Tomoe se mirent en alerte lorsqu’il vit des traces humides laissées par des larmes.
Gêné, il détourna les yeux et faisant mine de regarder autour de lui.

- Si t’as envie de te confier, tu peux. J’ai rien à faire. ça me distraira un peu.

Il avait dit cela sur un ton détaché, mais en réalité il était sérieux, même s’il montrait le contraire. Si parler pouvait au moins apaiser cet inconnu, alors pourquoi pas. Il aurait bien voulu voir un sourire sur ce beau et étrange visage.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   Mar 11 Déc - 3:00

Remparts.
Le frisson qui lui parcourt l'échine.

Sa cambrure frêle tremble. Secousses impulsives, le long des reins. Dans la nuque. Les mains grelottantes. Les phalanges atteintes. Les ongles rongés portés, à nouveau, à ses lèvres bleues. Non, ça ne va pas du tout. Le corps le lâche, la somatisation est bien trop élevée. Plus rien ne tient dans une carcasse comme la sienne. Juste, perdu entre les souvenirs et l'espoir d'un jour oublier. La tâche ardue qu'il s'inflige depuis combien de temps, maintenant..? Bien trop. Une date qu'il a préféré omettre. Au moins une chose de laquelle ses épaules sont débarrassées. Les fioritures autour des paquets cadeaux qui lui étaient destinés. Des années durant. Les noeuds, les rubans, les autocollants. Toujours là. Toujours présents, englués dans ses chairs visqueuses, marécageuses, les poumons étranglés par la fumée qui ne crachent que de la cendre, bien incapables de s'en défaire proprement. Sereinement. On ne se débarrasse pas d'une telle charge ainsi. Il ne s'agit pas d'un simple paquet à déposer sous l'arbre religieux. La sève qui a coulé, ce jour-là, était rouge. La sève d'un être vivant qui lui ressemblait. Qui était semblable au sien, en tous points. Rongé jusqu'à la moelle, usé à en souffrir le martyr. Là était son châtiment, encore trop doux pour la faute qu'il avait à encaisser.
Tellement peu. Tellement peu comparé à ce qu'il devrait souffrir en cet instant, là, précis. Tourmenté par les âmes déchirées du Voile. Brûlé vif par les odes vénéneuses des sirènes devenues succubes. Aveugle d'avoir douté de sa précision. Sourd d'avoir eu à entendre l'agonie. Amputé de la langue d'avoir goûté au sang. La créature qu'il était devenu, réduite à une mutation affreuse, monstrueuse, quelque part entre le criminel de la pire espèce et l'animal à l'instinct le plus bas.

Voilà ce qu'ils étaient. Tous, autant qu'ils étaient.
Des ordures. Des immondices. Des horreurs. Des cauchemars. Des proies, des proies à chasser, à traquer, à rouer de coups, à saigner, à violenter, le plus possible et encore davantage. Toujours plus. Jamais trop.

Leur unique erreur était d'être nés. d'être nés ainsi, d'être asservis. D'être esclaves pour être esclaves, uniquement créés à cette fin, à la destinée immuable. Tu es juste le fruit de ce croisement qui fait de toi une abomination. Ils n'ont rien demandé. Ils sont nés ainsi. Mais s'ils n'avaient pas choisi leur condition, et c'est ce qu'ils vivaient, au quotidien. Aucun rayon d'action, rien de plus que la diction d'ordres et leur exécution le plus rapidement possible. Ce manque d'esprit, de libre arbitre, n'était-il pas la cause de tout cela? Ils n'auraient pas eu goût à la rébellion, sinon. Jamais une telle chose ne leur serait venu à l'esprit s'ils avaient été les égaux des hommes. Les priver d'éducation aurait été fatal, dans le sens où l'on cherche toujours à franchir les barrières. Il était un ordre d'évènement immuables, où chacun se voit refuser un élément qui lui tient à coeur et va tenter à tous prix de l'obtenir. Ils ressentaient les mêmes sensations que les humains. Ils respiraient comme les humains. Ils avaient, à quelques détails près, le corps de l'humain. Rien ne les différenciait en soi de l'être humain. Ils étaient humains. Totalement, et même davantage. Un accouplement bâtard croisant les gènes que nous avions perdu avec celles que nous avions acquis alors. Et leur naissance.
Contre-nature, controversée. Des êtres-fautes. Des erreurs à visages. Sur n'importe quel dessin une gomme et un geste bénin effacent le crayonné de trop. En peinture, on déchire la toile, on la brûle, et on recommence. Mais il ne s'agit pas d'un coup de crayon. Il ne s'agit pas d'une aquarelle ratée. C'est un raté, certes, mais un raté conscient. Un raté qui a des yeux pour voir, des mains pour toucher, un palet pour sentir, des cordes vocales pour communiquer. Ils ont vu le jour dans un environnement qui leur était favorable. L'être humain, dans sa plus grande miséricorde, a été créé à l'image de Dieu. Sans aucun doute bon, admettons. S'il y a de la vie, il y a du respect. On ne méprise pas un être vivant en sa qualité d'être vivant. Il est l'égal. Il est partenaire de douleur, de sensations, partenaire de vie. Et lui, il est là. Si semblable de corps. Si proche de nous par ses fonctions vitales. Il est comme nous. Il est comme l'un des nôtres sans en être. C'est un être hors du commun et pourtant similaire dans sa quasi-totalité à nous.On se sent proche et on s'identifie à lui. Dieu a fait l'homme bon et débordant de compassion. On ne peut l'effacer. On ne peut le déchirer. On le respecte. Il nous doit la vie, nous n'allons pas la lui reprendre. Il se contentera de nous remercier en nous servant de différentes manières. C'est ce qui s'appelle le choix de vivre.
C'est ce dont ils ont été privés. Comme chaque humain. Comme tout le monde. Nos égaux.

Nous leur avons donné naissance. Avides qu'ils sont, ils en ont profité. Stupidité absolue. Quoi qu'il en puisse être, tu es impliqué. Suivant ton raisonnement, si tu n'as pas été la main, tu as été la tête. Ordonne et on exécute. Plus répugnant que n'importe quoi.
Tu es coupable. Ne fuis pas. Tu es coupable, Aacaeleb.

Attrape ce qu'on lui tend, sans conviction. Se rendre compte qu'il s'est relevé. Qu'il est debout, sans raison. Réflexe immunitaire. Porte le goulot à la bouche, n'avale rien. Le laisser parler. Il s'épuisera tout seul. Renard. Un renard. Connu pour sa fourberie. C'était son jour. Et puis ce furent les mots de trop. Ce qu'il ne fallait pas dire.

- Si t’as envie de te confier, tu peux.

Certes. C'était tentant.
Son regard se figea. Ses traits se détendirent. Très neutre. Stoïque. Plus rien ne l'atteint. Rien de plus. Rien à faire. Son poing vient saisir le col de l'hybride. Il le soulève. Met son regard à la hauteur du sien, les pieds largement décollés du sol. Le corps enfoncé dans le tronc derrière lui. Une force insoupçonnée. Une poigne d'acier. Un souffle paisible, mais une voix légèrement enraillée. Comme s'il venait de pleurer.

- ... Me confier...?

L'étau se resserre autour de sa nuque fragile. Une seule main suffit à le maintenir ainsi, inconfortable dans ses techniques curatives. Le moment d'être égoïste. Pouvoir se confier. La bouteille au-dessus de son crâne se renverse, l'aspergeant à son tour de l'alcool. Égaux.

- Me confier? À un de ces êtres méprisables que tu représentes? À l'un des membres de cette coalition qui n'a de cesse de créer tourments et chagrins sur chaque parcelle de terre que son pied foule? Votre perfidie n'a d'égale que votre culpabilité. Votre dédain, votre égocentrisme, ne vous apportent aucune satisfaction mais comptent cependant parmi les actes qui vous mèneront à votre perte. N'avez-vous donc pas saisi? N'avez-vous donc compris où était votre place? Vous êtes nés grâce à nous. Nous sommes vos pères et vos mères, nous sommes ceux qui vous ont donné naissance, quelque soit notre relation avec vous, qu'elle soit directe ou non. Une famille...

Le regard, pénétrant, se relâche d'un coup. La tête vers le sol. La respiration difficile, l'adrénaline tentatrice. Ne pas céder. Ne pas se mettre à son niveau. Le garder toujours aussi haut. La bouteille jetée au loin depuis un moment. Quand ses prunelles bicolores retrouvent le faciès de son vis-à-vis, elles le découvrent couvert de son propre alcool. Les visages se rapprochent, étrangement. Sensuellement. Il s'attendait à un baiser, l'homme finit par passer sa langue sur son nez, d'où gouttait le nectar fort. Et il se retire.

- À l'heure actuelle, l'homme adopte davantage d'hybrides que d'enfants. Vous avez le culot de voler leur dû. Vous avez la prétention de dormir dans nos lits, tandis que le nombre de sans-abris humains se comptent en milliers. Vous êtes nourris. Vous êtes choyés. Vous êtes soignés. On vous offre temps et vous consacre l'argent dont vous avez besoin, parfois plus, parfois même trop. Et vous osez vous faire rebelles. Vous osez... Remettre en question votre position sociale, entre autres. Et vous vous dites être dans votre droit.

Le poser, enfin. Le lâcher, fort heureusement. S'éloigner, petit à petit. Baisser le regard. Le détournant. Dévorer sa lèvre inférieure, passer frénétiquement l'une de ses mains dans ses cheveux.

- Aujourd'hui, aucune loi n'a été officiellement proclamée, ni en votre faveur, ni en votre défaveur. Pour des anonymes, pour des inconnus, vous ne vous en tirez pas si mal, j'en conviens.

Soulagement passager. Il ne durera pas.
Il est incorrect de ne pas laisser l'autre répliquer une fois la tirade close. Attendre sa réponse puis filer. C'était ce qui lui restait de mieux à faire, finalement.

- La voici, ma confession. Si tant et si bien tu ais l'éducation nécessaire pour la comprendre.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   Jeu 13 Déc - 20:05

Tomoe ne comprit absolument pas, ce qu'il avait dit de mal.
Il se retrouva tout à coup contre l'arbre, empoigné par le col, tandis qu'on ne cessait de lui reprocher son existence. On le considérait même comme un être inférieur, n’ayant pas le droit de vivre.
Le kitsune était à se demander, si c'était le saké la cause de son état, ou s'il n’avait pas plutôt affaire à un psychopathe.
Cette homme en face de lui, était si bipolaire, que des tonnes de questions déferlaient dans la tête du renard.
Cependant, une chose était sûre, s'il ne ne le relâchait pas maintenant, Tomoe attaquerait.
Légitime défense, après tout. Il n'allait laisser ce fou, s'en prendre à lui de la sorte et attenter à sa vie. Elle était peut être misérable pour certains, mais précieuse, pour lui.
Levant sa main gauche, toutes griffes dehors, Tomoe allait le faire taire, quand enfin, il le relâcha.
Touchant de nouveau le sol, pour la première fois, il fut heureux de sentir encore l'herbe sous ses pieds.
Il prit un grande inspiration replissant ainsi ses poumons d'air.

- [...] La voici, ma confession. Si tant et si bien tu ais l'éducation nécessaire pour la comprendre.

Tomoe fit un moment silence, le dévisagent de son regard devenu orangé et dur.
Il avait très bien entendu le discours de cet homme à son sujet et au sujet de tous les hybrides.

- Je crois avoir plus d'éducation que toi. Comme par exemple savoir me contrôler quand il faut et où il faut. Et surtout je ne déverse pas ma haine sur des inconnus qui cherche à m'aider.

Se penchant, il ramassa la bouteille de saké, mais celle-ci était vide.
Elle avait dut se renverser.
Se redressant, il continua d'un ton détaché :

- En tout cas, moi le seul être méprisable que je vois, c'est toi et toute ton espèce. Surtout ceux qui n'ont même pas été foutu de surveiller une usine.Contrairement à mes parents, moi et ma sœur sommes né hybrides. Et quand on ne sait rien de la vie des autres, on se tait.

Il fronça les sourcils, tout en serrant sa main sur la bouteille vide de saké.
Ce qui eu pour effet de la fêler légèrement.
Et poussant un long soupir, Tomoe tenta de se calmer.
Pas question de devenir comme lui. Si lui aussi se mettait à faire des reproches, cela n'aurait plus de fin et cette dispute se transformerait en bagarre.
Or, Tomoe n’était plus un gamin et des personnes comme lui, méprisant ce qu'il était, il en croisait chaque jour. Il n’était donc ni le premier et ne serait ni le dernier.

Pourtant Tomoe eut une pensée envers ce "Dieu" que les humains priait.
Lui était athée et ne croyait qu'en lui. Mais parfois dans ces moments là, Tomoe aurait voulu que ce fameux Dieu, qu'on disait miséricorde, pardonne leur existence et que tous apprennent à vivre en paix.
Mais cela n’était qu'utopie. Alors autant en refermer le livre.

Et posant de nouveau ses prunelles sur l'inconnu, il ajouta avec plus de calme :

- Tu dois te sentir bien seul, pour avoir ce genre de pensées négatives.

La solitude. Tomoe la connaissait et la pratiquait comme un sport tous les jours.
Elle était devenue sa seule amie.
Elle ne lui avait donc jamais fait vraiment peur.
Il aimait à croire qu'il était au-dessus de tout, se dire qu’être seul ne lui ferait rien, mais au final il n'aimait pas particulièrement ça.
La preuve, il était prêt à écouter les confidences de cet homme en face de lui.

- Tu me dois un saké, fit-il avec un léger sourire. Remuant une de ses oreilles de renard, il le détailla de haut en bas et ajouta : dis-moi, tu me traites de tout les noms. Mais toi ? qu'est ce que tu es ? Tu es aussi blanc qu'un cachet d'aspirine. J'hésite entre : Casper le petit fantôme ou elfe albinos. Fit-il d'un ton moqueur. Finalement, tu n'as rien d' humain.



Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   Dim 23 Déc - 23:16

Ailés.
Des êtres tellement purs qu'ils flottent.
Planent.

Assez! oh assez.
Détruis donc cette main qui ne sait plus tracer
que fumées,
et regarde de tous tes yeux:

Ainsi s'éloigne cette barque d'os qui t'a porté,
ainsi elle s'enfonce (et la pensée la plus profonde
ne guérira pas ses jointures),
ainsi elle se remplit d'une eau amère.

Oh puisse-t-il, à défaut du grand filet
de lumière, inespérable,
pour toute vieille barque humaine en ces mortels parages,
y avoir rémission des peines, brise plus douce,
enfantin sommeil.

P. Jaccottet, À la lumière d'hiver.

Des creux dans les bras.
Absence de force pour affronter l'adversité. L'ennemi. L'ennemi commun. Avaler les putrides à la chair nécrosée. Saler la viande avec l'iode des larmes. Poumons obstrués par la cendre. Les braises qui rongent les os. Le brouillard qu'on inhale progressivement, sûrement. La gorge irritée. Le sang en marche arrière. Les plaintes. Les plaintes des jambes ébouillantées, rongées par l'acide qui parvient finalement jusqu'au bois de chêne qui compose le rafiot de fortune. Ploies mais ne te brises jamais. Les insectes ont cela de fantastiques qu'ils sont nombreux. Perdre un individu n'est pas irréparable. Moins de personnalité. Pas d'identité propre. Lorsqu'un être vivant humanoïde disparaît, il ne réapparaît jamais. Les sosies, les copies physiques, existent. Il avait déjà rencontré l'une des siennes, chacun en possède sept, selon la légende. C'est étrange, de se retrouver face à soi-même. Mais rien ne remplace les mots prononcés, les moments échangés, les regards, les senteurs, les souvenirs.
Le corps n'est rien. Le corps n'est qu'un moyen. Il en était convaincu.
Qu'importaient bien putréfaction, déliquescence, infection. Les lambeaux de muscles loin des miettes du coeur. Organes riment en fadaises. Lieds fallacieux aux rudiments de lyre et de hautbois sciés, gravés, saignés. Qu'importait leur état. Qu'importaient les cicatrices, les stries à même la peau, au creux des reins par le fouet, au sein des poignets par le glaive. Le sang est humain. Rien d'autre qu'humain. Tenir le sang, c'est tenir tête à sa condition d'humain. Ne pas flancher. Ne pas blêmir. Gardien d'un secret bien trop lourd à porter, le corps cédera que la pensée n'oubliera pas. Rien ne l'ébranlera. Rien ne l'atteindra. Béni soit-il. Béni soit le criminel pour emmagasiner engagements si peu confortables sans fléchir.

Que descende la neige et tournoies.
Churent les pièges et naquirent les althæas.
Ecoeurent chrysanthèmes et horlogerie,
Compte. Minute sordide, bouquet de nuit.
La femme.
La femme pendule.
À travers masque, dentelle et tulle,
Cueille les pétales nécrophages sur l'asphalte de ta sépulture...

La préparation du corps. Il la connaissait. Par coeur. Des mouvements précis. Les mêmes pour tous, puisque tous étions semblables en tous points. Pour tout le monde pareil. La même destinée. La même fatalité. L'éternité terrestre. Les vers. Les vers dans les chaussures. Cycle naturel.
Pour elle, il aurait vendu son âme. Il aurait sacrifié tout ce qu'il possédait pour la persuader que rien ne se cachait sous son lit. Il aurait volé les plus somptueux diamants pour qu'elle comprenne qu'il était là pour elle. À son service. Comprendre que ses deux grands bras ne saisiraient sa nuque que pour approcher son faciès de ses lèvres. Il aurait pillé les richesses de Saturne s'il suffisait de cela pour qu'elle sache qu'il l'aimait. Qu'il l'aimait plus que tout au monde. Que rien ni personne ne pouvait l'empêcher de vivre pour elle, grâce à elle. Qu'elle puisse imaginer un temps soit peu à quel point elle était unique, un être à part entière. Non pas une fille mais la femme, non pas une femme mais religion. Au-delà de la chair, elle était haute. Inaccessible.
Unique.
Le Christ avait disparu après avoir gagné une dernière demeure peu convaincante. Elle s'était envolée après que son ventre eut été ouvert, ses viscères extirpées, recousue, rapiécée, rhabillée. On l'avait traité comme n'importe qui parce qu'elle ressemblait à n'importe qui. Une honte. Une infamie.
Tellement pure qu'elle s'envole.

Un ange.

- Mais toi ? Qu'est ce que tu es ?

Je suis celui qui s'inquiète trop.
Je suis le pudique.
Et je m'en irai, loin, si loin... si loin. Loin de toi.
Je suis le fuyard.
Je suis l'anxieux.
Et pourtant, le jour s'est couché pour éteindre le monde.
Je suis apaisé.
Je suis le médecin.
Je suis fou.
Je suis masochiste.
Maintenant que j'y ai goûté, c'est fini.
Je suis heureux.
Je serai prête à tout pour que cela ne s'arrête jamais.
Je suis plaisante.
Je suis bien, pour une fois. Pourquoi cela ne peut durer...
Je suis déçue.
Viens, ce soir, viens me voir, viens t'asseoir.
Je suis dégoûtée.
Pense à autre chose...
Je suis perdu.
Je suis paresseuse.
Tu risques de mourir? Non, non.
Je suis confiant.
Laisse moi aimer, cinq secondes.
Je suis une profiteuse.
Nous sommes des emmerdeurs.
Faites chier, tous.
Je suis moi.

Je suis celle qui se meurt.


- Finalement, tu n'as rien d'humain.

Des comptines. Ce qu'il chantait dans sa tête, c'était des comptines. Des berceuses. Pour s'endormir. S'endormir, et ne jamais se réveiller.
Les points sensibles de l'âme humaine sont insondables. On touche, simplement, et si ça coule tant mieux. Autrement il n'y a plus qu'à rejouer. Les voix qui illuminent son regard se taisent et il replonge dans une aphasie critique. Les membres s'affaissent. Un genou au sol, à sa taille. Finit par s'asseoir, doucement, le dos contre l'écorce du saule. À nouveau. Soupir. La main devant les yeux. Ne plus le regarder. Ne plus le voir. À sa gauche. Oeil discret. Appel à l'aide.
Pervenche. Pétales violets dans cet océan de verdure boueuse. Une pervenche. Symbole de mélancolie.

- Lapidez-moi encore de ces pierres du temps qui ont détruit les dieux et les fées, que je sache ce qui résiste à leur parcours et à leur chute.

L'arrache des bras de Terre Mère. La cueille, la porte à ses yeux clairs parsemés d'ombres. Perdu. Isolé dans un univers qu'ils n'avaient pas en commun. Il souriait faiblement. Évadé. Serein. Loin. Lui parle sans le regarder. Communion florale qu'il ne peut rompre.

- Il n'y a pas de honte à ne pas connaître, vous savez.

Silence. Soupir.

- Vos traits trahissent votre jeune âge. C'est une poésie étrange, mais délectable.

Aucune réaction. Rien. Juste, relever une mèche de cheveux, la placer derrière son oreille. Dévoiler son oreille. Légèrement pointue.

- J'imagine que je suis un monstre. C'est encore le titre qui me sied le mieux.

Non loin de là, il y avait un lac. Peut-être même une rivière. Il avait envie d'y aller. Mais laisser un hôte livré à lui-même était la dernière des impolitesses à commettre.

- Vous a-t-on attribué un nom, jeune homme?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   Dim 20 Jan - 20:08

( 1000 excuses pour mon retard >_<)

Le kitsune resta silencieux, fixant cet être, qui était totalement, contrôlé par la folie.
Cette fois il en était sûre.
Il soupira, et son beau visage d’hybride revêtit tout un coup un masque de marbre, ne reflétant plus aucune émotions, plus aucune pitié pour cet homme perdu.
Le suivante des yeux, le voilà qui semblait se plaindre ou dire on ne sait quelle prière à ce saule comme le faisait les humains au mur des Lamentations.
Quels pêché voulait-il donc se faire absoudre ? Ou plutôt quel passé cherchait à oublier.

- Lapidez-moi encore de ces pierres du temps qui ont détruit les dieux et les fées, que je sache ce qui résiste à leur parcours et à leur chute.

Une psalmodie ? Pensa Tomoe en le fixant toujours de ses iris ambré et avec impassibilité.

- Il n'y a pas de honte à ne pas connaître, vous savez.
- Vos traits trahissent votre jeune âge. C'est une poésie étrange, mais délectable.


Honte ? Voilà un mot qui était rayé du vocabulaire de Tomoe.
Et cela depuis qu'il eut l'âge de raison, et comprendre ce qu'il était.
La honte , n’était que pour ceux qui n’acceptait pas la différence des autres.

- En effet, lâcha t-il avec calme. J'ai 17 ans.

Serrant les poings, le kitsune détourna les yeux. Le voilà qui répondait à ce fou, assis sous un saule et ne cessant de dire des choses incompréhensibles.

- J'imagine que je suis un monstre. C'est encore le titre qui me sied le mieux.

Cette phrase pourtant si anodine, piqua au vif Tomoe.
Des simples mots qui devinrent des lames.
Reposant ses yeux sur cet albinos, il remarqua l'oreille pointue.

- Vous a-t-on attribué un nom, jeune homme?

- Oui, Je m’appelle Tomoe. Et ...

Inspirant profondément et desserrant les poings, Tomoe osa une approche vers cet être étrange qui semblait vivre dans son propre monde.
Debout derrière lui, il tendit sa main vers lui, toujours assis là et se comportant tantôt comme un fou, tantôt comme ces créatures imaginaires de ces livres de Contes de fées et de Nouvelles irlandaises.
Comme il aurait aimé le connaitre plus, ne parler qu'à lui et pas à sa folie, qui semblait s'être personnifié pour devenir sa seule compagne.
Tomoe se surprit même à vouloir que cet inconnu ne le voit que lui, afin qu'il ait la chance de contempler ses yeux.

Sa main hésitante effleura les cheveux de ce personnage de Contes.

- Je suis désolé , si je t'ai blessé. tu n'as rien d'un monstre. Au contraire tu es très beau.

Le cœur battant et semblable à un enfant qui commettrait un interdit, il fit voyager ses doigts dans cette soyeuse et douce chevelure, appréciant le contact sur sa peau laiteuse.

- Et toi ? Quel est ton nom ?


Tomoe se mit imaginer un prénom d'ange, ceux dont la résonance est une mélodie pour les oreilles, et qui vous chatouille les lèvres lorsqu’on le prononce.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   Dim 3 Fév - 13:00

Trêve.
Il s'appelle Tomoe.

ともえ. Peut-être autrement. Le parler était simpliste, l'écriture plus subtile. Ses larges doigts d'occidental encore inaptes à la pratique courante et habile d'une telle pureté. Reste qu'il s'appelle Tomoe. Quand bien même il se soit donné ce nom, par désir d'émancipation, il s'agissait des emblèmes que brandissaient nombre de familles de samouraïs. Sans doute fallait-il y voir un symbole de lutte pour l'honneur, pour la descendance que l'on souhaite toujours plus brillante que soi. C'était très japonais, de penser de la sorte. Typique. Qu'à cela ne tienne. Les sons étaient harmonieux. Il pouvait bien avoir un nom de famille, fictif, qui le sublimerait. Pas de sons en -a. Des voyelles rondes. -O. Une consonne dure pour une autre plus molle, glissante, spongieuse. Un prénom en cinq lettres, à en croire l'alphabet latin. Trois syllabes japonaises. Une lettre, un son isolé. Le dernier, qui vient relever le visage. C'est un nom que l'on prononce sans le prononcer. On l'utilise, on le dit, et il perd de sa saveur. On le baragouine dans sa barbe et puis, le -e rehausse la mélodie. Un prénom. Tomoe. Dans sa composition, il ressemblait à Rocio. S'y apparentait, très légèrement. Rocio comme Tomoe étaient uniques. Et il s'agissait en l'instant de Tomoe.
Tomoe, dix-sept malheureuses années, hybride renard, à la rue. Il ne voyait pas comment améliorer les conditions de vie d'un être dont la base de conception même était défavorable à toute forme d'épanouissement. L'espoir. L'espoir de vivre. Simplement l'envie, qui sait. Tomoe, par sa prestance, savait qu'il existait. Il avait un corps, un esprit. Il était conscient. C'était ce qui l'éloignait du genre animal, l'approchait dangereusement du genre humain. En cela, la situation était incroyable. L'être humain avait créé l'émancipation animale en cherchant la régression humanoïde, une ironie suffisamment drôle pour être internationale. Mais grand bien fasse à cette génération désabusée de rire de sa propre stupidité. Au moins avait-elle créé quelque chose: le malheur de centaine de milliers d'êtres vivants conscients. Et l'un de ces centaines de milliers étaient là. Derrière lui, à arpenter la chevelure fine et javellisée du bout des doigts. Il s'appelle Tomoe.

Il s'excuse. C'est fort agréable à entendre. Encore plus à sentir. Instinctivement, l'homme des steppes penche la tête, dirige sa main, l'accueille avec toute la douceur qui lui reste. Cherche le contact. Lorsqu'il le trouve, ne le relâche pour rien au monde. Mano. L'affection qu'il possède, il la lui donne de bonne grâce. Le suppliant en silence, yeux clos, de ne pas le quitter. De rester là, près de lui. Mano en la cabeza. De ne jamais le lâcher. Plus jamais seul. Plus jamais loin.
Hybrides contre nature. Et qu'était-t-il, lui. Que pouvait-il bien être, après tout. Cruel, vil, perfide, assassin. Meurtrier. Il était fier, à prêcher la bonne parole. Fier et vaniteux, à se savoir cultivé, originaire, voyageur. Il en avait vu, des choses. Il en avait même goûté. Et rien ne remplace la vue, l'odeur, la texture, ni le goût du sang.
La fleur abandonnée. Lâchée, esseulée, déracinée. Une pixie est morte et une créature démoniaque subsiste, reprend contenance. Les battements de son coeur ralentissent alors qu'ils auraient pu le faire exploser. Ses veines désenflent, l'afflux moins rapide. Le coin des lèvres inébranlable. Le visage tendu vers la main qu'il perd. Les siennes qui enlacent ses genoux usés. Son pantalon déchiré.
Tu es très beau.
C'est ce qu'elle disait aussi. Les succubes sont très belles.
Un compliment qu'il ne relève pas autant que la main. La main, Seigneur. Elle existe, elle. Elle est chaude. Bel et bien palpable. Vivante. Elle bouge, il la sent, il se colle à elle et tout cela est parfaitement normal. Pour cause. Elle existe. Elle est là. Physiquement là. C'est abominable, de se dire cela. D'être obligé de se le dire. Mais il s'en fout. Bon Dieu qu'il s'en fout. Quelqu'un est là. Quelqu'un le touche. Quelqu'un cherche le contact. Peut-être pas autant que lui. Néanmoins il l'accepte et le quémande, en venant à sa rencontre. Quelqu'un qui ne le fuit pas. Parce que ce quelqu'un ne sait pas.
Qu'importe. À être trop sincère on finit seul. Il fallait que la main reste. Il fallait mentir. Alors il mentirait.

- Et toi ? Quel est ton nom ?

Trop agressif pour Tomoe. Trop long pour Tomoe. Trop impersonnel pour Tomoe. Trop laid pour Tomoe. Bien trop négatif pour Tomoe. Il fallait mentir. Tout commence par là. Il faut mentir, si tu veux garder la main. Alors mens. mens, qu'attends-tu? Mens, bonté divine, mens, mens, mens!

- Aacaeleb.

Désespérant.
Si tu ne sais pas mentir, alors caches. Dissimule. Laisse faire. Réponds brièvement. Comme tu sais si bien le faire.
Les paupières se recourbent. Les yeux vairons dans ses pupilles orangées. L'un azur et l'autre soleil. Un sourire timide coincé. Vite perdu. Il faudrait parler, sans doute. En dire le moins possible.
Il attrape son poignet avec préciosité, glisse ses doigts entre les siens. Trouve la force de se relever, le dépassant très largement, la tête basse qui ne le quitte pas des yeux. Mano a mano. L'autre qui fouille sa poche, en tire une cigarette. Une industrielle. Il n'a jamais su rouler. Le feu non loin, qu'il garde en main. La chaleur. La chaleur à tous prix.

- L'heure n'est pas aux excuses, Tomoe. Suivez-moi.

C'est au plus profond de la forêt qu'il l'entraîne. Ce n'est certes pas la première fois qu'il s'y rend, mais il n'a pas de carte des lieux. Tout est à l'instinct. Tout est à la vue, à la mémoire. Il lui était difficile de garder les informations du monde dit civilisé en tête. Celles de la nature, bien plus intéressantes à son goût, y restaient gravées jusqu'à la fin. Chaque forêt est différente. Chaque arbre est placé de manière stratégique. Là où il lui est préférable de croître et de s’épandre. Il fallait le savoir. Il fallait reconnaître. Il le faisait avec brio, puisqu'il tirait ses racines de la nature. De la sauvage, de la vraie, pas simplement de la campagne d'une ville quelconque. C'était dans ses gènes. C'était ainsi.

- N'ayez pas peur. Je vous en prie.

Si Tomoe avait voulu s'enfuir, il n'aurait pas pu. Sa main, captive des serres du géant, ne le lui permettait pas. La route n'était plus très longue et ne l'avait de toutes manières jamais été. On pouvait apercevoir, au loin, un lac. Entendre le remous caractéristique d'une cascade. C'était un endroit féerique. Vraiment très joli. À des lieux de ce que l'on pouvait imaginer près d'une si grande parcelle humanisée.

- Vous verrez, Tomoe. C'est un endroit magnifique.

Magnifique. Pour qui ne craignait pas l'eau.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   Lun 25 Fév - 12:36

- Aacaeleb.

Les oreilles du kitsune remuèrent face à ce nom et ce son divin.
Il n'avait pas eu tord de penser que ce bellâtre devait avoir un beau prénom.
Mais le savait-il ? Apparemment pas. Le dévisagent comme le ferait un animal,-chose qu'il était à moitié-, il pencha la tête sur le côté. Aacaeleb, paraissait embarrassé.
Avait-il honte de ce nom ? Pourquoi ? Le ramenait-il dans un passé où la bouche d'une aimée ou d'un ami cher l'avait maintes fois prononcé après ses parents.
Sans aucun doute. Mais l'heure n’était pas aux questions sur la vie privée de cet ange.
Le fait qu'il se soit calmé et qu'il daigne enfin lui parler , relevait d'un miracle. Oui, ce fait extraordinaire qui n'arrive qu'aux humains, eux, dont la grâce divine a choisit.
Elle venait, en ce moment, choisir un pauvre hybride.
Mais il se devait de cacher cette trop grande admiration pour cet être.
Ce sentiment d’idolâtrie mène parfois à la folie et à la destruction.

Tout à coup, Aacaeleb lui prit la main. Il fit un mouvement de recul, par réflexe, ou 6ème sens que possède chaque hybride. Don inné de la nature.
Cependant il fut trop tard, sa main reposait déjà dans cette autre main,tout aussi parfait que l’était son propriétaire.

- L'heure n'est pas aux excuses, Tomoe. Suivez-moi.

le son de sa voix le retira de sa contemplation mystique.

- Quoi ? vous suivre ? P...pour aller où ?


L’admiration et le calme laissa place à la panique.
Il aurait voulut s'échapper, mais sa main était prisonnière de l'autre.
Tomoe aurait pu très bien se défendre, le griffer, le mordre, tous les moyens sont bons quand on est un hybride renard. Dame nature a toujours su gâté ses enfants.
Comme un enfant justement, il se laissa faire, oubliant ses signaux d'alarmes, qui ne cessait de lui tambouriner la tête en lui criant de fuir.

Le long de cette promenade, le kitsune regardait de droit à gauche, reniflant chaque arbre, pour ainsi retrouver son chemin.

- N'ayez pas peur. Je vous en prie.

L'avait-il remarque ? Sentit ? Mais qu était-il donc ?
Se mordant la lèvre inférieure, tant de questions se bousculaient dans sa tête.
Les hybrides n’était pas dénué d'intelligence, comme le laissait croire la société et ses scientifiques. Bien au contraire, chez eux l'humain et l'animal était lié et cela les rendait plus forts.

Poussant un soupir, il ne put que suivre cet homme, et voir où ce dernier comptait 'emmener.
Il profita de cette petite marche, pour vénérer ce dos aux larges épaules, qu'il reconnaitrait à présent dans une foule. Étrangement, cela lui procura un sentiment de sécurité. Sentiment, dont il avait oublié depuis qu'il était seul et qu'il essayait de survivre en tant que hybride rebelle.
Oui, tel était l'étiquette qu'on avait donné à ceux qui comme lui, refusait de se plier à l'esclavage. Se soumette à un maître, le servir au péril de sa vie, taire ses pensées, et anéantir son indépendance et son désir de liberté. Voilà la vie que cette société réclamait pour les hybrides.
N'était-ce pas plus tôt de la peur qu'elle ressentait face à eux ?
Et si c'était eux, les esclaves ? Reversement de situation. Car si on suivait leur logique, et les lois de la Nature, le plus fort et le plus puissant domine la race la plus faible. Or, les hybrides l'étaient.

- Vous verrez, Tomoe. C'est un endroit magnifique.

Le kitsune releva la tête, et remua une oreille.
Un bruit d'eau, une cascade plus exactement.
Ses iris ambré aperçurent un lac. Splendide, tel était le mot.
Cet endroit paraissait avoir été oublié de ce monde. Rien ne l'avait pollué, rien ne l'avait salit. L'atmosphère elle même qui y régnait était pure.

- Pourquoi m'emmènes-tu ici ? Fit-il enfin à cet ange.
Cet endroit semble être secret pour toi. Pourquoi moi ?

Il fit une pause et reprit :

- L'eau c'est pas mon fort. une douche me suffit.

Comme tout canidé, Tomoe craignait l'eau, mais était un peu honteux de l'avouer.
Surtout face à Aacaeleb. Qu'allait-il encore penser de lui ?

Il soupira. Le voilà qui s’entichait des pensées de cet homme.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Candeur. [Tomoe.]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Candeur. [Tomoe.]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» La candeur de la lune annihilera la noirceur de nos cœurs...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: RPS NON FINIS-