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 - Sans issue -

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Mason Shaw
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MessageSujet: - Sans issue -   Mer 19 Déc - 20:42

Sans issue.

Round I

Je mène une double vie. Je suis à la fois celui qui t’aime et celui qui te ha-.. Non. Keith est Keith. Et Keith, ce matin se lève comme tout les matins. Il ne marche pas sur un fil entre le jour et la nuit, il vit dans les deux. Bien qu’aimant dormir, il peut passer deux voir trois jours dans dormir. C’est sur, la fin de la troisième est très dur même pour lui et ses doses de cafés ne lui suffisent plus. C’est pourquoi, pour récupérer toutes ces heures de sommeil, il a passé la journée entière de la vieille à roupiller, sous la couette, la tête enfouie dans l’oreiller, presque encore habillé dans les bras de Morphée. Beaucoup de é, hein ? Peu importe. Débordant d’énergie après tant de repos, il se ballade, les mains dans les poches dans les rues bondées. Il n’avait pas vraiment d’idée de l’endroit ou il se dirigeait, mais ce n’est pas grave. Pour le moment, il ne veut pas rester chez lui, son appartement devait prendre le temps de s’aérer après qu’il est passé tant d’heures dans sa tanière.

Dehors, dans la rue, entre les gens qui marchent, pressés et les voitures, Keith garde les mains au fond de ses poches, dans cette arrière de son jean un peu ‘grunch’. Vous savez, un peu délavé et avec les trous, surtout au dessus des genoux et en bas des fesses. Sur le coté, ses éternelles chaines qui tintent à chacun de ses pas. En haut, les passant peuvent facilement apercevoir son torse imberbe, ce qui est du à ses gènes de on sait pas d’où ils sortent que même que moi non plus. Une chemise d’un blanc éclaté. Le linge lavé avec Omo qui lave plus blanc que blanc. Et non les filles, ce n’est pas transpareeeeent. Une cravate noire à la limite du nœud, on pourrait presque croire qu’elle va tomber dans quelques secondes, le gilet noir du genre, les serveurs qu’il porte de façon détaché. A ses poignés, une multitude de bracelets, noir, orange, violet, cuir, plastique. Un peu de tout. Mais pourquoi j’ai fait un paragraphe entier sur son physique ? On s’en fout, il est pas beaaau. IL fait peur avec son cache œil qui effrayait tout le monde.

C’est en pensant à tout cela que Keith se ballade dans la rue. Il ne pleut pas, mais il fait assez froid, le vent souffle contre tout ce qu’il trouve. Il ne pleut pas. Pas encore. Les yeux au ciel, les mains dans les poches de son jean collé à son corps, il sent que les gouttes ne tarderont pas. Le temps de marcher encore avant de se rentrer. Les cheveux attachés en une couette assez haute, quelques mèches se rebelles et encadrent son visage dans une rainure rousse. Son cache œil est noir, comme la plupart du temps et à, mis a part son jean, une chemise blanche surplombée des petit haut noir que portent les serveur. Il n’a jamais pu mettre de nom dessus et cela, il s’en foutait pas mal. Il le porte, c’tout. A ses poignets, ses éternels bracelets. A son cou, une cravate lâche et a ses hanches les chaines fines qui cliquettent à chacun de ses pas.

Dans le quartier où la plupart des maisons se trouvent, Keith marche sans but. Il pouvait enfin sortir et en avait profiter. En plus, la pluie se fit sentir sur sa paumette droite et la perle tomba en ondulation le long de sa peau. Il sourit, la sentant tomber sur son poignet. D’autre suivirent et bientôt il sentit ses vêtement s’humidifier, coller à son corps. Sa chemise blanche devait être légèrement transparente mais peu lui importait.

A l’instar de sa propre personne, il en vit une autre avec veste longue, écharpe. Il avait un pull et des bas en laine aussi non ? Il ne distinguait pas vraiment. Il secoua légèrement son visage, les gouttes partant par la même occasion. La pluie, il faut en profiter, pas l’éviter. N’ayant rien à faire, il le suivit. Une rue, deux rues. Où allait-il ? Alors qu’il regarda l’heure à son portable, l’ homme qui semblait bien fait prit une petite ruelle. Enfin, une impasse. Keith la connaissait pour y avoir joué des poings assez souvent. Un petit rictus vient flotter à ses lèvres a ce souvenir. Après de longues minutes, envoyant un message urgent, sans aucun rapport avec la journée actuelle, la pluie se montra totalement. Notre roux rangea son appareil dans la poche de son jean et prit l’impasse sans sourire, cette fois.

    «  C'est une impasse vous savez ?  »


En cette après midi désormais pluvieuse, il n'avait pas envie d'être seul.

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MessageSujet: Re: - Sans issue -   Jeu 27 Déc - 23:08

Parapluies.
Par le fil elle l’influence.

C'était aujourd'hui. Enfin. Tout était prêt, en fin de compte. Il avait espéré un nouveau retard, un contretemps, un de plus. Pour ne pas avoir à y retourner. Cependant même les plus longues vacances ont une finalité, et la sienne, c'était aujourd'hui. Elle le couvrait de baisers passionnés tandis qu'il ouvrait les yeux. C'était aujourd'hui. Murmurant la cruelle réalité au creux du tympan. Aujourd'hui. Il allait la retrouver. Sentir à nouveau son odeur de liège, d'eau de pluie. De terre mouillée. Il allait sentir sa présence comme si elle était là, alors que cela fait des mois, des années, qu'elle n'y sera plus. Elle n'aura même jamais été jusqu'ici. Elle ne connaissait pas la ville. Et pourtant elle était là. À susurrer ses mièvreries caractéristiques, à rebondir sur son torse nu comme un jockey sur son cheval de course. Les mêmes cheveux lisses, écorce. Le même épiderme basané. Les mêmes lèvres fines, légèrement retroussées. Elle était habillée de cette jupe longue aux motifs floraux dépassés et à la couleur délavée qu'elle voulait, et que tu lui as acheté. Elle l'avait assemblé avec le chemisier blanc qu'elle portait en toutes circonstances, celui avec le col en dentelle. Elle était encore pieds nus, cachant ses orteils avec ses chaussettes fantaisies. Elle souriait. Copie conforme. Elle l'appelait. Comme elle l'avait toujours fait.

Et pourtant cela n'allait pas. Quand il portait sa cigarette à sa bouche. Elle qui aurait dû la lui arracher des mains, l'écraser au sol, la casser, la jeter n'importe où, c'était elle qui l'allumait alors qu'il cherchait son briquet. Les promesses d'artifices lointaines, elle le soutenait dans son geste assassin. Respirait le même oxygène saturé que lui. Elle embrassait ses lèvres sèches, rugueuses, les humidifiant d'un passage labial hydraté. C'est faux, et il en est conscient. Il goûte à ses vertus comme un proxénète à la douce chaleur d'un foyer. Chassant toutes idées sombres de ses pensées. C'est faux, et c'est elle la traîtresse. Il ne peut rien contre elle. Contre ses deux magnifiques joues roses. Contre son sourire éclatant, rayonnant de bonheur. Même lorsqu'il explorait les tréfonds de son bassin et qu'elle se cambrait sous son joug. Alors il se laisse faire. Il se laisse caresser. Abandonné. La douleur est telle qu'il fait fi de tout autre obstacle. Elle devient tant quotidienne qu'elle devient supportable. Parfois, lorsque l'un des câbles lâche, que l'un de ses doigts ne tire plus de fil qui les relit, il retrouve un semblant d'autonomie. Il tente de se libérer, tire sur les fils restant, priant pour qu'ils cèdent. C'est elle qui, déséquilibrée, tombe sur lui. C'est elle qui, armée de ses prunelles émeraude, le gifle, pour se prouver qu'elle a le contrôle, avant de serrer son téton entre ses incisives. Il la baise, on jurerait pourtant l'inverse. Puis il se lève, les raisons en trop, elle vient lui dire je t'aime en le serrant contre sa poitrine menue.
Hanté. Il est hanté.
Et c'est là-bas qu'il l'a laissé.

Dehors il pleut.
La douche n'a jamais été aussi effrayante. Il se laverait les cheveux plus tard. Ils se laveraient tout seuls dehors.
Rocio dormait encore, il était tôt. Il ne le sait pas, mais c'est sa présence vivante qui le rassure. Qui calment les spasmes. C'est lui, qui sans rien savoir soigne. Celui qui ne demande rien, qui ne saura que peu. Qu'il ne remerciera jamais. 06:12 AM. Le temps d'avaler un café brûlant la gorge, et puis s'en aller. La vitre était couverte d'eau, le vent fouettait le reflet sans vergogne. Les branches pliaient, ne cédaient pas. Enfile un pantalon de toile, simple, un pull gris par-dessus son haut beige, couvre son nez avec une écharpe sanguine. Le manteau, revêtu à contrecoeur. Pourtant il le fallait, c'était son devoir. Les finances allaient bien, certes, mais cela ne durerait pas. Et puis, Rocio avait la bonté de le garder chez lui aussi longtemps, il ne devait pas l'ennuyer plus que nécessaire. Son travail lui prenait du temps, de l'énergie, il n'avait pas besoin d'avoir un colocataire dans les pattes en prime. Non, c'était évident, il le fallait. Y retourner.
Elle ne serait plus là. C'est fini. C'est passé.
Tout ira bien.

C'était une impasse. C'était noté, là, sur le papier, c'était bel et bien une impasse. Juste à côté d'un fleuriste, d'ailleurs. Juste en face d'une laverie. À peine plus loi, en remontant l'allée, il y avait la boulangerie qui lui sauvait la vie lorsqu'il avait envie de pain frais, ou de viennoiseries. Il savait où elle était, cette impasse. Il la connaissait même plutôt bien. Elle n'était pas cachée, loin de là. Les commerces alentours généraient un flux quotidien qui n'était pas si déplaisant. Au final, l'impasse faisait partie de l'avenue principale, comme les veines étaient les terminaisons de l'artère. Il n'y avait aucun problème là-dessus. Il y avait toujours du monde. Toujours des gens, imprudents, dispersés, pour venir s'y perdre. Il ne serait jamais vraiment seul. Toujours quelqu'un pour l'observer derrière sa vitrine.
S'il n'est pas à l'arrière.
L'arrière. Là où on les entrepose. En toute discrétion. En silence.

Il est suivi. Il est suivi et il le sait. Il ne fuit pas. Il n'a nulle part où aller. Il sera pris entre les briques et le bourreau, la hache au-dessus des cervicales ou la corde au cou. Pas de quoi fuir, c'est ce qui nous attend tous. Il le savait plus que n'importe qui.
Un jour, quand le moment sera venu, quelqu'un se fera de l'argent sur son cadavre. Sa mort ne sera jamais vaine, elle profitera au moins à celui qui en héritera, l'espace d'un après-midi. Il souffrira peu, au final, il ne te connaissait pas. Il te videra, te lavera, t'habillera, te rendra, t'oubliera. C'est un cycle. C'est naturel. Ça ne t'est pas inconnu.
07:53, crie une radio dans la rue. Plus que sept minutes. L'avenue, tu l'arpentes. L'impasse, elle est là.

Ton échoppe morbide aussi. Juste là.
Et tu peines à y entrer.
Les clefs sorties, la serrure bouge. Les mains tremblent. La lèvre est mangée. Le piercing caché. Les doigts qui renoncent, qui les laissent s'échapper. Embrasser le sol. C'est bas, d'aller les chercher. Peut-être que c'est un signe, va savoir. Mais il se baisse et les ramasse. Les fourre dans la poche de son long manteau, au même titre que ses phalanges glacées. La pluie, qui avait cessé de battre, inonde à nouveau son cadavre ambulant, arpentant l'impasse de gauche à droite. Le regard bas. Le nez rouge. Ce n'est rien. Rien d'autre qu'un rhume.

- C'est une impasse vous savez ?

Il n'y avait personne. L'avenue était bondée, mais l'impasse vide. À cette heure, il n'y avait que des pressés, des travailleurs, des lycéens. Ils n'avaient rien à faire ici. Les commerces à proximité ouvraient plus tard. Sans doute. Il n'en savait trop rien.
Lui, n'avait rien à faire ici. Lui et sa chevelure de flammes. Qu'il s'en aille. Il n'avait, vraiment, rien à faire ici.
Sans doute.
Il n'en savait rien.

- J'y travaille. Merci.

Longue inspiration. La voix légèrement éraillée. Peu sûre d'elle. Il ne le regarde pas. Peu. Laisse l'eau s'abattre sur lui.

- Vous avez sans doute quelque chose à faire ici, je me trompe? On ne vient pas ici par hasard à cette heure...

Tu l'as suivi, tu l'assumes par l'impétuosité de ton timbre. Ce que tu lui veux? Sans doute rien. Peut-être le prends-tu pour un des membres d'une mafia étrangère, tu n'aurais pas tort de le voir comme tel. C'est une opinion. À toi de justifier ta présence comme tu l'entends.
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Mason Shaw
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MessageSujet: Re: - Sans issue -   Dim 30 Déc - 18:43

En cette après midi désormais pluvieuse, il n'avait pas envie d'être seul.  Non. Et puis ce n'était pas pour rien qu'il avait épier cet homme. Oh, il ne l'avait pas suivis, non plus, depuis qu'il était partis de chez lui mais alors, il ne savait pas encore ce qu'il allait faire. Keith passa l'angle de l'impasse et leva les yeux vers cet individu au long manteau noir. Un peu glauque comme style vestimentaire non  ? Tu aimes le rock ? Le noir  ? Le gothique ? Le hard ? Le masochisme ? Bien qu'inutiles, diverses idées traversent l'esprit de notre roux. Il fonctionnait toujours à plein régime dans ce genre de situation. La tête légèrement inclinée, il analyse le regard que lui lance sa future connaissance. Il sentait les questions que se posaient cet homme. Et la réponse brève lui arracha un second sourire. Allons, la politesse était-elle devenue si rare ? Ne pouvons nous pas engager une conversation sans que celle-ci soit décapitée en quelques lettres ?

Il y travaille ? Les yeux au ciel, Keith se demande quel est le job qui pouvait amener cet homme ici ? Un coup d'oeil sur les poubelles débordantes et fumantes, il pense à éboueur. Mais aucun camion et aucun partenaire pour aider à la tache. Donc ce n'était pas cela. Et alors qu'il allait continuer cette reflexion aussi courte qu'inutile, il fut interrompus par le sujet même de cette recherche personnelle. S'approchant de ce dernier, s'enfoncant ainsi dans cette impasse, il hocha la tête, pour approuvé les propos prononcés.

    «  Vous m'ôtez les mots de la bouches. C'était exactement ce que je me demandais à votre sujet. »

Prenant appuis sur un bout de mur, froid, humide et dont l'odeur pouvait rivaliser avec la terre odorante de la déchetterie, ses yeux vont et viennent sur l'homme. Le détaillant sans vergognes. Un manteau, laissant apparaître une écharpe à une couleur chaude. Un pantalon en toile. Keith tiqua. Lui qui ne portait que des jeans, ou rien, se demandait comment pouvait-on oser sortir ainsi vêtu. Et pas de parapluie ? Lui qui pensait qu'il était le seul a ne pas s'en munir. Il faut dire qu'il a du mal à comprendre qu'il n'est pas le centre du monde et qu'il n'est pas un spécimen unique. Mais bon... d'ici que cela entre dans sa tête, on aura le temps de prédire une bonne dizaine de fin du monde. Dans sa poche, la réponse à son message précédant annonce son arrivée à coup de vibreur. Dans le silence propre à la discrétion, si bien, qu'il ne s'en rendit pas compte, trop concentrer à détailler cette impasse et son invité. Mais le roux ne se laissa aller dans ces réflexions et poursuivis sa discutions.


    «  Je suis bien curieux de savoir ce que vous faîtes dans un lieux aussi sombre, et humide. ».

La pluie l'appuyant, il passa une main dans ses longs cheveux roux. L'eau s'insinue dans ses vêtements, ce qui n'est pas pour lui déplaire, loin de là. Les voitures en fond sonore, Keith baille et finis par se lever de son mur. Il n'allait pas tomber sans lui de toute façon. Debout, comme un grand sur ses deux jambes, il entreprit de re-visiter le fond de l'impasse, toujours non loin de son nouvel ami, pour pouvoir l'entendre.

    «  Vous ne voulez pas m'éclairer ? »


    J'espère que ça t'ira, ce n'est pas vraiment très long :/ ><
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    MessageSujet: Re: - Sans issue -   Mar 8 Jan - 16:02

    Chaleur.

    Il s'agissait d'une erreur.

    D'une erreur monumentale. Il ne fallait évidemment pas le faire, c'était à la fois proscrit et déplacé, mais comment passer outre. C'est si évident. C'est si tentant, pour celui qui ne vit qu'à travers lui. Tout lui est dû. Le savoir d'autrui passe par lui, puisqu'il enseigne tout. Il est la référence. Il est cultivé et s'en délecte. Il connait l'Histoire, l'Art et ses droits. Il sait qui il est, ne se remet jamais en question. Tout est lié à lui. Ses idées lui sont propres, et il n'a jamais été inspiré. Tout vient de lui. Ses questions? Il n'en a pas. Il est trop fier pour les poser. La parole est divine. Son âme celle du Messie. Il arrive en prêcheur de bonnes paroles, devient l'Elu. Le cadeau du ciel. Mais il souffre. Sa souffrance, inscrite en longues stries dans ses poignets, dans les larmes qu'il cache par force. Le sentiment, ce n'est pas pour lui. Il ressent, le cache, parce qu'il n'est pas humain. Le voir s'abaisser aux mêmes pratiques émotionnelles qu'eux serait catastrophique. Atroce. Révoltant. Il a une réputation à tenir. Pour soulever son siège, quelques rares privilégiés qui ont le suprême honneur de le voir en vrai. Il n'est plus simplement une voix. Il a une apparence. Et le peuple l'acclame, parce que le peuple l'aime. Parce que quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, il n'a jamais tort. Il crée les lois d'une justesse sans pareille, son règne, l'apologie de l'égalité, de l'écoute, du bonheur et de la paix.
    Au minimum.

    Il n'est pas méchant. Simplement dans le faux. Un faux qui blesse. Un faux qui dure. Il s'enfonce dans son faux, marais boueux ou sables mouvants, s'en enduit, le faux devient le vrai, c'est pourtant logique, et il se noie.L'humain disparaît. Ne reste que le marais. Le sable. Le faux. Destinée tragique.
    Il n'avait rien à voir avec tout cela. Disons qu'il l'espérait. Il regardait les prémices de sa décadence avec le regard doux et sage d'un prêtre qui sait. Un prêtre lucide, raisonnable. Le roux était la couleur de cheveux des créatures de l'Enfer. Se fier à cela serait contraire à l'éthique chrétienne d'aimer son prochain comme soi-même. Et si l'on ne s'aimait pas soi-même, devrait-on aimer les autres comme soi-même? Tissu de faux. Toile de faux. Les couleurs s'en allaient par l'action de l'eau sur eux. Des pigments qui ne supportent pas d'entrer au contact du crachin devenu torrent. Il n'avait pas l'air spécialement mauvais. Il lui manquait un oeil, seulement. Peut-être n'était-ce qu'un accessoire. Un effet de style. En ce cas l'état de l'oeil plongé dans l'obscurité n'était pas des plus sains. Autre cas de figure, il en avait une réelle utilité. Et perdre un oeil si jeune, ce n'était guère recommandable.

    - Vous ne voulez pas m'éclairer ?

    Il lui tournait autour comme un prédateur autour de sa proie. N'avait aucune idée de ce qu'il était en train de chasser. Fort peu probable qu'il soit plus sauvage que lui, cependant, la proie était son égal. De très loin.
    L'homme des steppes le regardait faire. Visiblement, il était à l'aise, toujours plus que lui. C'était tout à son honneur. Il le regardait, médisant, orgueilleux, bien trop sûr de lui. Guidé par la jeunesse. Guidé par un tempérament de feu sous cette pluie diluvienne. Soupir. Yeux clos. Les rouvre. Iris hétérochromes qui le transpercent. Qu'il se sente observé, à son tour. Un simple coup de tête en direction de la vitrine. Le nom parlerait de lui-même.

    - Juste ici.

    S'approche de lui d'un pas lent. Face à lui, le regard serein. La tête basse, pour pouvoir le voir.

    - Ce n'est pas un endroit pour les enfants, jeune homme. À moins que tu n'ais un cadavre sur les bras, bien entendu.

    Erreur fatale. Le monde extérieur existe. Le monde extérieur possède sa propre voix. Ceux qui réfléchissent et donnent du sens aux mots. Ceux qui écoutent les voix de tous. Ceux qui ne savent pas tout et qui cherchent à en connaître le maximum. Ceux qui sont parfois plus jeunes, qui n'ont pas moins vécu mais qui ont vécu différemment. Ceux qui savent que chaque parcours détient son lot de richesse. Ceux qui savent que tout ne s'explique pas simplement comme on voudrait le faire croire. Ceux qui s'inspirent des aînés pour voir plus loin. Ceux qui savent que la vie est en elle-même très simple, et que ce sont les êtres vivants intelligents qui la compliquent. Ceux qui ont conscience de n'être que la géniture de géniture de géniture de ceux qui ont réellement inventé quelque chose. Les savants. Les penseurs. Les êtres qui se préoccupent de la vie d'autrui autant que de la leur. Ceux qui ne s’apitoient pas sur leur sort puisqu'ils sont seuls et uniques maître du mot barbare de sort.
    Les gens sensés. Les gens ouverts. Les gens tout simplement intelligents.

    - Moi non plus, je ne veux pas travailler aujourd'hui.
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    MessageSujet: Re: - Sans issue -   Mar 15 Jan - 11:43

    Keith se demande. Il se demande que faire. Rester, discuter, faire ami-ami ou bien partir et laisser des questions dans son sillage. Il doute toujours, avant de faire quelque chose. Mais ce doute ce transforme très souvent en certitudes qui lui permettent d'avancer, bien rapidement. Le roux tourna autour de cette personne, jouant du pied avec un journal trempé, collé au bitume par la pression de l'eau. Les gouttes ne cessaient et bien que protégés par les murs en étau, ces perles liquides tombent sur le roux. Le centre de son cercle de pas lui est inconnu. Ce qui n'était pas plus mal. Et alors qu'il avait posé sa question sur l’intérêt de venir ici par un temps pareil, la vitrine indiquée lui répondit plus clairement que quelques mots. Hn, un mec qui ramasse les morts. Un métier étrange, bien que nécessaires. Notre homme s'était toujours demandé quel genre d'étude il fallait faire pour cela, et surtout, quels genre de passion il avait. Surtout ce dernier point.

    Jouer avec les morts comme l'on peut aimer jouer avec les poupées ? Un point qui pourrait être approfondi. Keith s’arrête de tourner, ca commence a donner le tournis, à force et c'est à ce moment que l'homme a la blanche chevelure s’approche de lui. Ce n'est guère avec plaisir qu'il constate que cet individu est plus grand que lui. Une petite grimace très brève le signale physiquement. Puis il hausse un sourcil.

      «  J'ai vraiment l'air d'un enfant ? Et j'ai rien sur les bras, j'en avais laissé un il y'a quelques temps, mais vous avez du le ramasser, je suppose. »

    Keith est un homme, ses vingt-cinq ans acquis il y'a peu, il n'est plus un adolescent pré pubère qui veut mater du gore dans une ruelle macabre. Alors que tout près il sont, Keith passe les doigts sur la veste du croque-mort, touchant la texture sans y faire la moindre remarques avant de remonter à son écharpe qui rappelait la couleur de sa propre chevelure. Lui ne travaillait pas pour le moment, il avait donc tout le temps qu'il voulait pour se prélasser, se balader, jouer, tout A cet instant, sir Alister hausse un sourcil.

      «  Si vous ne vouliez pas venir travailler, il suffisait de ne pas vous lever, non ? » Soupire. «  Pourquoi tout le monde pense que tout est obligatoire. Si j'ai envie de vous attacher dans cette ruelle, je ne vois pas pourquoi je m'en priverais. »

    Très élégant et rassurant non ? Keith est fier de sa micro-leçon de vie qui ne sert à personne. Mais pour faire bonne mesure en tant que professeur, il demande :
      « De quoi avez vous envie présentement ? »

    Toujours à un pas de cet homme, il joue avec cette écharpe, qui pourrait , peut être, servir ses propos. Les travaux pratiques ont quelques fois des bons cotés. Keith attends ses réactions. Contrairement à lui, il ne va pas travailler, alors il a tout son temps.
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    MessageSujet: Re: - Sans issue -   Dim 20 Jan - 13:59

    Chandelier.

    L'arme.

    Alors que Mademoiselle Rose arrange sa coiffure de diva, près du piano, lui-même près du feu, dans le salon. L'électricité qui manque, la lueur de la bougie, la cire qui glisse, menace de brûler le bois lustré de l'instrument à cordes. Elle, le regard perdu dans son reflet. Le bouquet de fleurs mortes en guise d'offrande. De longs cheveux noirs, légèrement ondulés, qu'elle avait décidé de dresser en un chignon élaborée. Une boucle soyeuse dévalant son épaule. La console prend des airs d'autel. Le peigne qu'elle dépose soigneusement, car il coûte plus cher que tout ce qui se trouve autour d'elle. Ses épingles tiennent. En haussant les sourcils, le mascara vient sublimer des cils déjà langoureusement parés. Les lèvres rouges sanguines, les canines blanches. Coco Mademoiselle ou Chanel N°5. Qu'importe. Le décolleté plongeant, Jésus sur sa croix se balance entre ses seins. Joue avec le feu. Joue avec les mèches de velours. Se pique le doigt avec l'épine cachée. Goutte carmine près de l'ongle, lapée par instinct, avalée par Charybde. La chandelle ondule sous ses yeux.
    Pendant que le Révérend Olive s'assure qu'il est bien seul à épier la douce par l'entre-ouverture infime de la salle de billard. Le col blanc réajusté, les yeux rivés vers l'enfant de Dieu, plus resplendissante que jamais dans sa robe de cocktail vermeille. Sa veste couleur feuillage jetée négligemment sur la table de jeu se confond avec la teinte du tapis. Les boules dispersées, il jouait seul. Il était seul. Toujours seul. Il ignorait ce qu'ils faisaient, tous. Sauf la belle. Accrochée à sa mère par l'argent, mariée par le chèque, vivante par la foi. Hantise de l'esprit tandis que Dieu s’accapare les plus jolies choses du monde humain. Une main tremblante sur son crâne dégarni, car il sait qu'elle ne le regarde pas et qu'elle ne le fera jamais. Elle ne fait que se mirer, comme prisonnière de son propre reflet. Il y avait de quoi. Succube tentatrice, il s'agissait d'un corps aux formes telles qu'inoubliable. Une vertueuse démoniaque. Une rose qui transperce et lacère. Qu'importe. Elle était divine. Elle était Rose. Un don de Dieu perverti. Un danger pour l'homme, pour lui. C'était ce dont il essayait de se convaincre. Seul. L'odeur de tabac non loin. Le revolver entre ses mains.

    N'y penses pas.
    n'y penses plus.
    Arrête avec ça. Juste. Arrête. Ça suffit. C'est largement suffisant.
    Il y jouait énormément, avant. Quand le ciel noir durait, et durait. Quand l'électricité n'était plus, parfois, il aimait y jouer. Il n'y jouait pas seul, il ne l'était jamais. Elle adorait le macabre du principe. Elle quémandait toujours une partie, puis il était impossible de l'arrêter une fois commencée. Des nuits entières. Des journées, parfois. Des enfants. De véritables gosses. Lui incarnait le Révérend, elle Mademoiselle.
    Dieu lui en était témoin, il ne tuait que Monsieur Lenoir.

    Il le dévisageait. Il n'avait pas l'air d'un enfant. Plus d'innocence. Plus de naïveté. Il était simplement adulte. Sans doute trop pour son âge. La vingtaine, peut-être un peu plus. Il ne connaissait rien. Il ne savait rien. Il avait été pareil, avant lui. Il savait ce que cela faisait. Il savait qu'être aussi grand, pour un japonais, c'était une fierté. Que face à lui naissait une irrésistible envie de meurtre. La jalousie. L'orgueil. Il n'avait pas sa langue dans sa poche. Il parlerait pour deux, dans ce cas. L'homme des steppes le laissa faire. Dire. Passer ses deux mains sur son manteau, le long de sa nuque. Jolie façon d'étrangler.
    Les marques de strangulation étaient particulièrement difficile à couvrir, à dissimuler. La peau et la chair épousent parfaitement l'appui, les hématomes ne disparaissent pas si facilement. Une technique intelligente, efficace. Très personnel. Il y a contact. Il y a regard avec l'assassin. Comme avec un poignard. Là où la proie sent la chair s'écarter lentement, sûrement. Les coups portés remportent la palme d'or. Rien de plus direct que les coups. L'acharnement qu'on y porte témoigne de l'intérêt que le meurtrier porte à sa cible. Le moins personnel, le moins humain, c'était le revolver. Portée éloignée, silence, neutre. Pas de sentiment, juste un acte. Voilà. C'est fait.

    - De quoi avez vous envie présentement ?

    D'inventer un remède à la mort.
    De retrouver l'humanité perdue.
    De retrouver la vie.
    De gagner l'amour.
    De fuir.
    Loin.
    Le monde des humains.
    Le monde inventeur de l'arme à feu.

    - Qu'il neige.

    L'ordre à la pluie. Saisit ses poignets, les retire du col. L'intouchable parce que glacé. L'inhumain.

    - J'aimerai faire comme s'il ne s'était jamais rien produit.

    Toujours aussi neutre. Toujours aussi froid. Sobriété traître. Les yeux baissés.

    - Et vous...?
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    Mason Shaw
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    MessageSujet: Re: - Sans issue -   Lun 28 Jan - 9:19

    Toujours à un pas de cet homme, il joue avec cette écharpe, qui pourrait , peut être, servir ses propos. Les travaux pratiques ont quelques fois des bons cotés. Keith attends ses réactions. Contrairement à lui, il ne va pas travailler, alors il a tout son temps. De longues secondes s'écoulent avant qu'il ne dise quoi que ce soit. Sa volonté est pour le moins étrange. Quoi que, pas tant que ça, en vue de la saison actuelle. Nous sommes en hiver et la neige est un phénomène merveilleux. Alors vouloir qu'il neige est louable. Seulement, c'est une envie aussi légère que vouloir qu'il fasse beau pour le samedi qui vient afin de pouvoir faire une sortie entre amis.

    Les mains de l'homme à la blanche chevelure sont chaudes. C'est agréable par ce temps humide. Offrant un peu de résistance dans son mouvement de retrait, Keith le fixe toujours. Dommage de ne pouvoir rester à jouer avec cette écharpe. Il laissa alors ses bras retomber, ses mains se cacher dans les poches de son jean, rejoignant la présence de son téléphone, bien froid dans sa matière.

      « Comme si rien ne s'était produit ? Ma présence vous dérange ? Ai-je mauvaise haleine ? »

    Remarque des plus stupide mais c'est lui. Depuis ces longues minutes d'approche, d'échanges de mots, tout était d'une lenteur horripilante. Keith s'ennuie et ne trouve rien d'interressant dans cette personne. Ses réaction sont insipide, lente, pâle, autant que son teint. Ne souriait-il jamais, ne s'énervait-il jamais ? Continuait-il toujours, toujours a marcher, juste assez haut pour ne pas traîner les pieds ?

    Notre homme soupire à nouveau et recule, mettant une distance entre leur deux personnes. Un pas, deux pas, plusieurs en arrière, il réajuste son écharpe et passe une main dans ses cheveux.

      «  Je vais vous laisser alors, c'est bien plat comme rencontre. Je n'aime pas les hommes-balais. »

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    MessageSujet: Re: - Sans issue -   Mer 20 Fév - 4:21

    Cachette.
    Respire calmement. Rien ne peut arriver. Rien n'arrivera. Présentement, il n'y a aucun risque.

    Même si cela va à l'encontre de l'instinct.
    La puissance de la génétique et son revers forfaitaire. L'identité profonde, à défaut d'avoir de la personnalité. L'en soi. Les caractéristiques propres au sang qui afflue dans les veines martelées, dans les artères cicatrisées, dans ces conduits qui, à force de maltraitance, ont fini par devenir invulnérables. Sacro-sainteté carmine qui contient l'être. Il avait appris à faire avec ce vermeille. Les perles bordeaux glissées dans les alcôves discrètes, les recoins du corps matériel. Dans certaines tribus amérindiennes, l'hémoglobine d'un macchabée récent était récoltée puis versée dans une fiole que le fils, la progéniture ou les proches portaient autour du cou. Le boire revenait à hériter de la force de l'aïeul, en cas de nécessité absolue. Le sang contenait le code. C'était ainsi.
    La fatalité avait accordé au mulâtre le code du chasseur. L'instinct de prédateur luttant pour sa propre survie. Au fond, il n'était rien de plus que cela. Guère plus que ce raccourci. L'instruction s'était faite entre les stries sylvestres, les cavités de roche, les alvéoles de terre, les canaux aqueux. L'apprentissage s'était fait aux dépends du lapin pris dans le collet, du cerf croulant sous le joug de la flèche. C'était ainsi. Il était comme cela. Un chasseur. Qui respectait tant son inclinaison sauvage que ses caractéristiques humaines. Respectant l'animal mourant, l'accompagnant dans son dernier soupir. S'arrangeant pour n'entraver que les adultes. Ceux qui savent. N'usant ni de la peur, ni des artifices. La nature était faite de force brute, de ruse et de créativité. Mène un beau duel, gagne le avec respect, humilité et sincérité. Le chasseur, quand certains vivaient, nourris par la perfidie du carmin du traqueur, de l'évadé, du mercanti.

    Personne ne sent aussi bien que le chasseur. Il connait la proie et les autres prédateurs. Il connait leurs activités, leur terrain de chasse. Leur champ de bataille, champ de Mars. Les ondes sur la surface du lac qui trahissent leur position vulgaire, presque insultante. La chasseur se terre, se dissimule, ne guette jamais puisqu'il sait ce qu'il vient chasser. Il se contente d'épier. Soupire de contentement après s'être aperçu que, comme toujours, tout s'est passé exactement comme prévu. Proies toujours aussi nigaudes. Prédateurs toujours autant écartés. Le chasseur est patient et s'arrange pour que le travail soit vite fait, simplement parce que la nuit tombe très vite dans les steppes. Que les feux sont difficiles à garder lorsque la température chute de plus de cinquante degrés en quelques heures. Le chasseur compose avec le temps, ne brusque rien. Il observe et fait silence, tapi dans ses hautes herbes. Le chasseur est, tout bonnement, prévoyant. On ne le surprend plus. Il sait ce qu'il fait. Pourquoi il le fait.
    Il n'est pas dangereux. Pas dangereux un seul instant. C'est un coq, prétentieux et ingrat, qui se pavane fièrement devant un paon. Un oisillon à peine rescapé de son premier vol, roi de pacotille exhibant avec vanité le fin duvet qui épouse son arrière-train. Il n'est pas méchant. Brusque, terriblement orgueilleux, entiché de son sang. Sans connaître l'instinct, c'est comme s'il avait un nez. Qu'à l'odeur, il les flairait, les identifiait. L'homme du froid s'éprenait des parfums qui l'entouraient et ne les oubliait pas. Lui, se montrerait certes impulsif et brutal, mais jamais mauvais. Jamais.
    Pas comme ceux qui traînaient leur carcasse de charognards au travers de ces rues. Pas comme eux.

    Il parlait. Il ne faisait que cela. Ceux qui habitaient en ville adoraient parler. C'était distrayant, ça faisait passer le temps. Parlementer. Toujours et toujours négocier, proposer, échanger. L'échange. À tous ceux qui croient au partage équitable du temps de parole se trouveraient bien mal à l'aise face à l'instinct de l'escroqueur. Les tempérés, les coeurs ronds et chauds qui ont les mains glacées, ne savaient pas parler. Pas autant qu'eux. Pas avec autant d'adresse. Il leur suffisait de partager le son de la voix. De faire savoir qui il est, pendant un instant. Dans ces pays, on s'embrasse à pleine bouche pour se réchauffer. On garde son calme devant un ours affamé. On reste, toujours, à couvert.
    L'élan est plus fort que lui, et c'est toute la force de son corps qui fait se crisper ses doigts frêles autour du poignet du vis-à-vis, avant qu'il ne s'échappe. Il l'entraîne contre lui. Simplement. L'enlace. L'enserre dans ses bras longs. Cache son visage en l'enfonçant un peu plus contre son torse. Respiration longue, lente, paisible. Le poids du corps qui les entraîne tous deux contre la porte du salon funéraire. Les clefs, toujours dans sa poche. Il échange leur position. Le jeune homme, adossé au bois massif, le géant lui servant de tanière. La main baladeuse qui se faufile jusque dans la poche, attrape les clefs.

    - Vous les voyez, derrière nous...? Ne les approchez, surtout pas. Vous êtes jeunes, ils pourront aisément vous prendre pour cible.

    Un quatuor d'ombres indistinctes qui s'infiltre dans chaque rue et impasse. Ce n'est pas la première fois que le voisinage peut les apercevoir. Ils font des rondes tous les jours. Plusieurs fois dans la journée. Dans la nuit. Il paraît que l'on ne dort pas tranquille. Ils se présentent comme faisant partie des forces de police nippones, ce qui est faux. Il le sait. Il le sent. C'est le genre à ne pas être net. Ils n'oscillent jamais lorsqu'ils répondent à une question. On pourrait croire qu'ils ne mentent pas, c'est faux. C'est faux. Ils se concentrent simplement sur le regard de l'interlocuteur pour lui donner une sensation de supériorité. L'instinct du trompeur. De l'affabulateur. Trop de noms à leur donner. Trop de combinaisons caractérielles à explorer.
    Le verrou craque, la serrure se rompt, les clefs sont retirées, dissimulées. La porte s'ouvre, le binôme s'engouffre à l'intérieur du commerce, et la porte se referme.

    L'étreinte se relâche sans peine. L'homme blanc, calme mais peu rassuré, se dirige vers le comptoir d'un pas assuré.

    - Ils travaillent pour Teikoku, le laboratoire ayant pris en charge les dossiers hybrides. Ils sont sous couverture d'une usine pseudo-pharmaceutique, un mensonge comme on n'en fait guère. Si vous voulez une réaction correcte de ma part, sachez que je ne leur accorde aucune confiance.

    Un temps de silence. Les lumières s'allument, dévoilant la façade marbrée aux dorures imposantes des plaques funèbres, les catalogues réunissant divers modèles de stèles. Et au loin, l'envers du décor.

    - Ils vont passer par ici, j'en suis convaincu. Et je ne vous laisserai pas tomber dans leurs filets obscènes, croyez-moi sur parole.
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