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 Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]

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Euryale Gorgo
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MessageSujet: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Jeu 17 Jan - 21:00

Le ciel était parfaitement bleu, un soleil de plomb régnait sur la plage de la petite ville de Kichi. Enfin cette plage semblé plutôt être un désert pour le seul hybride sur place...

En plein mois d'avril, le temps ne faisant que radoucir à peine mais Euryale avait déjà du mal à supporter le zénith. Sa peau prenait facilement des coups de soleil alors il sortait rarement les jours comme aujourd'hui. Pourtant il voulait absolument y aller aujourd'hui, sortir, pour voir enfin cette étendu d'eau à perte de vu pour la première fois. Cette grande pleine d'eau salé que l'on appel la mer! L'hybride méduse n'avait que cette idée en tête depuis ce matin... depuis qu'il avait entendu un des hommes du labo en parler ce matin vers cinq heure...

"Il va faire beau aujourd'hui, j'ai promis à ma femme d'aller à la plage avec elle pendant ma pause."
"Oui,aujourd'hui est une journée parfaite pour aller à la plage..."

Il était donc parti très tôt ce matin pour voir un levé de soleil en disant qu'il allait trouver de nouveaux cobayes (il l'avait dit au pluriel pour impressionner...).
Il marchait un peu au hasard depuis des heures si bien qu'il était déjà midi passé lorsqu'il arriva à destination. Émerveillé par la beauté du bleu infini il resta bien un quart d'heure avant de descendre sur le sable. Il retira au préalable ses chaussures à talons pour plus de facilité à pénétrer les pied dans le sable blanc. Il sauta du rebord de la petite digue pour atterrir en essayant de ne pas tomber.

Il était là... son manteau à carreau rouge,leggins noir, pieds nus sur le sable, ses petites bottes à talon dans une main, avec un grand chapeau de feutrine blanche qu'il agrippait dans l'autre pour empêcher le vent de le faire s'envoler et quitter sa tête. Il avait surtout très chaud à cause de ce soleil éblouissant et ne voulait pas avoir d'insolation, c'est pourquoi il tenait consciencieusement le large tour de son chapeau. Seul le vent fort le rafraichissait un peu mais il commençait à transpirer... De plus la sensation d'avoir les pied dans le sable lui déplu fortement, il détestait ça!C'était terriblement sec, il avait juste l'impression de se déshydrater sur place.

Ce n'était pas vraiment l'idée qu'il se faisait de la plage... Il en était même très déçu... Il regarda au alentour mais il n'y avait personne... bizarre on lui avait toujours dit que les jours de beau temps les plages étaient toujours pleine à craquer... Mais abat le sable! Ce n'était pas pour ça qu'il était venu!! Lui il voulait nager dans la mer!!

Alors il se dirigea vers l'eau comme il le pouvait mais il chuta en avant. Il eut juste le temps de se rattraper avec ses mains mais il lâcha son chapeau au moment d'une grande bourrasque et celui-ci s'envola au loin. Peur de se retrouver la tête découverte trop longtemps il laissa ses chaussures au sol et se mis à courir de toute ses forces pour le rattraper! Cela lui sembla impossible tellement il s’essouffla vite. Il ne fit pas attention et une fois de plus il buta sur le sable ce qui le fit tomber en avant. Sauf que cette fois si il n'eut pas le temps de se rattraper et se retrouva la tête la première dans le sol. Il toussa et pleura tellement le sable lui collait au visage. Il en avait plein les yeux et son maquillage n'arrangeait rien, le sable refusait de ce décoller. Il put juste ouvrir les yeux pleurant pour voir à quelque mètre son chapeau continuer sa course. Il cria désespérément à l'aide tant il était acculé.

-N'y a-t-il personne pour récupérer mon chapeau???


Dernière édition par Euryale Gorgo le Mar 12 Mar - 10:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Sam 19 Jan - 0:09

Comme on entend la mer s'arrêter et repartir en arrière...


Il allait prendre un coup de soleil.
Allongé sur le sable, les mains croisées derrière la nuque, il chatouillait ce léger soucis du bout de ses pensées. Il faudrait penser à se lever. Éventuellement. Dans l'hypothèse où il se lasse prochainement de ce précieux moment de répit. Il était débordé depuis quelques temps et avait apprit à savourer les rares instants de repos comme celui ci. Ici, sur la plage, il avait l'impression de se trouver à des milliers de kilomètres de ses préoccupations habituelles et cela lui faisait du bien. Il n'avait pas prit la peine de ses changer et était encore vêtu de ses vêtements de travail, une chemise bien boutonnée et une veste à la coupe impeccable, propres, impersonnelles, heureusement rendues moins officielles par un jean un peu ample et patiné. Il avait abandonné ses chaussures au bord de la promenade pour qu'aucun grain de sable n'y entre, car si il y avait bien une chose qui l'insupportait, c'était le sable qui s’immisçait partout, et plus particulièrement dans les chaussures. Il y avait pensé avant d'appuyer sur la demande d'arrêt quand le bus était passé devant la plage, au temps qu'il mettrait à retirer les grains de sable d'entre ses orteils avant de se rechausser, mais il était descendu à cet arrêt quand même. Il renifla légèrement. Le sable. Il était frais malgré le grand soleil de cette journée annonciatrice du retour des beaux jours. Il n'était pas le seul à avoir eu l'idée de venir en profiter sur la plage: de nombreuses familles étaient présentes, quelques couples aussi, et quelques rares solitaires comme lui qui n'avaient personne avec qui partager cette journée.
On se serait cru en été, la température en moins.

Ce qui était sympathique à Kichi, c'est que les plages étaient séparées les unes des autres par des rochers. Il était possible de se rendre de l'une à l'autre en passant par le sable à marée basse, sinon il fallait passer par les chemins prévus à cet effet. Du coup, il était toujours possible de trouver une petite plage où s'isoler. Ici, c'était la plus grande des plages, surveillée quasiment toute l'année, alors dès qu'un rayon de soleil pointait le bout de son nez, il était impossible de s'y trouvait seul. Rainer n'y était venu que très rarement auparavant, mais il s'y plaisait bien. Il y régnait une atmosphère chaleureuse et familiale, entre les cris des enfants et miettes des piques-niques que certains jetaient aux mouettes dont parfois, il se surprenait à espérer être un jour l'un des acteurs et non plus un spectateur.
Mais pour l'heure, il devait quitter cet endroit. L’inconvénient, sur les plages très fréquentées, c'est qu'il fallait toujours dégager plus de place, et que les rochers encombrants qui auraient pu lui fournir de l'ombre où s'abriter un peu avaient été déblayés. Il traîna encore un peu avant de finir par se lever. Il n'avait pas envie de retourner sur la promenade, pas envie de se sortir de ce lieu où seul le claquement des portières lui rappelait la proximité de la ville, alors il retroussa son jean jusqu'à ses genoux et quitta la plage par la mer. La marée commençait à monter, alors il se trempa les mollets, un peu l'ourlet de son pantalon, mais il pu passer sans trop de problème. La plage où il déboucha ressemblait plus à une crique, difficile d'accès qui plus est. Fermée de tous les côtés par d'imposants amas rocheux, elle ne semblait accessible que par la mer.
Elle était déserte.
Il était presque midi.

Il s'était accordé une journée de repos, n'ayant pas pu profiter de son week-end la semaine passée. Enfin, il s'était fixé de rentrer vers 16h pour continuer son travail dans la soirée. Un cas un peu épineux dont il devait préparer la défense. Épineux car il n'avait que très peu d'informations et que sa cliente refusait obstinément de lui en fournir davantage. Violences conjugales. Compréhensible, mais pas très pratique pour lui. Hm, il s'était promis de ne pas penser au travail jusqu'à ce qu'il rentre, aussi il repoussa ses pensées dans un coin de sa tête et entreprit d'explorer la crique pour s'occuper l'esprit et chasser toute pensée parasite. Finalement, il découvrit que la crique n'était pas complètement isolée des autres plages: un espace étroit entre les rochers permettait d'accéder à la suivante. Il s'y faufila comme il pu, pataugeant dans les flaques d'eau glaciales toujours à l'ombre dans le tunnel où il cru apercevoir une pieuvre aller se cacher dans les trous de la pierre, à moins que ce ne fut qu'une ombre. Il espérait que le retour se ferait plus simplement et surtout, serait possible depuis l'autre plage. La mer aurait monté quand il reviendrait, et il doutait de pouvoir de nouveau passer en contournant les rochers par la mer sans se tremper complètement. Mais peu importait pour l'instant, il n'avait aucune intention de rentrer dans l'immédiat.
Il fut extrêmement surpris de déboucher sur une plage aussi vaste que déserte malgré le beau temps. Peut être moins connue que l'autre, peut-être pas surveillée...en tous cas, personne à l'horizon. Quoique...
Il n'y pas l'occasion de se concentrer sur la forme sombre qu'il avait aperçue plus loin, le vent se leva et il fut obligé de se protéger les yeux de son bras pour ne pas être aveuglé par le sable. Il avait eu beau se protéger avec sa manche, ses yeux lui faisaient mal et il préféra retirer ses lentilles pour les soulager un petit peu, il les remettrait plus tard. Il sortit précautionneusement leur boîte de la poche de son jean et aperçu une forme sombre à ses pieds. Plus curieux de savoir de quoi il s'agissait que soucieux de ses yeux, il remit le nettoyage de ses lentilles à plus tard. En soulevant le tissus, il constata qu'il s'agissait d'un chapeau un peu étrange, ressemblant vaguement à une capeline. Une demoiselle sur la promenade avait dû perdre ceci, il faudrait qu'il le ramène. Tout de suite, sinon il était fichu d'oublier ce chapeau quelque part et son possesseur ne le retrouverait jamais. Il n'avait pas fait deux pas quand il aperçu ce qui lui sembla être ce dernier (ou cette dernière plutôt) et il se précipita vers la forme sombre étendue dans le sable. Il n'aimait pas courir dans le sable, il s'enfonçait, c'était meuble, il allait moins vite, il sentait le sable qu'il soulevait à chaque foulée lui fouetter les mollets...vraiment très désagréable. Arrivée à la hauteur du malheureux promeneur, il l'empoigna sous le bras pour l'aider à se remettre debout. Il n'était pas très musclé mais l'autre n'était franchement pas lourd, et il n'eut aucun mal à le remettre sur pieds. Drôle de tenue, drôle de visage, plutôt disgracieux, il avait du mal à déterminer son sexe ou même son âge...vraiment très étrange.

_Vous vous sentez bien ? Vous ne vous êtes pas fait mal au moins ?

Il épousseta nerveusement la tenue du drôle de personnage. Les japonais n'aimaient pas trop qu'on leur mette les mains dessus, mais celui là était vraiment particulier. Et sale. Peut-être s'en fichait-il. Quoi qu'il en soit, il avait besoin de faire quelque chose, il avait horreur de cette manie qu'avait les gens de ce pays à rester plantés les uns face aux autres sans gestes ni expressions tactiles.

_Que s'est-il passé ? Vous avez fait un malaise ? Voulez-vous que j'appelle les secours ? Vous avez peut-être fait une crise d'hypoglycémie, ou une insolation...

Cela n'aurait rien eu d'impossible au vu de sa maigreur et de son teint blafard, mais il préféra éviter ce genre de remarque...



Dernière édition par Rainer Lukas Haschischman le Sam 19 Jan - 11:56, édité 1 fois
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Euryale Gorgo
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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Sam 19 Jan - 11:48

Gorgo tentait désespérément d'enlever le sable de son visage. Mais il ne voulait pas non plus retirer trop de maquillage, pour laisser apparente ses cicatrices... Il avait trop mal au yeux pour arrêter de pleurer. Il en oubliait s'il pleurait à cause du sable ou du fait qu'il haïssait la plage... Il avait toujours voulu y aller depuis la première fois où on lui avait montré cette photo. Mais aujourd'hui il n'avait jamais été si déçu de sa vie... à part peut-être toute les fois où son "père" lui avait promis un cadeau pour noël... et qu'il reçu rien... à chaque noël c'était la même chose encore maintenant.

Il détestait son créateur, il haïssait le fait qu'il lui mentait sans cesse pour le faire souffrir ... Il haïssait tous les scientifiques qu'il l'utilisait ainsi à leur fins... En faite il détestait tous les humains pour toute la souffrance qu'il lui infligeait quotidiennement depuis sa naissance... Tous les humains ne sont que des égoïstes qui s'amusent du malheur des autres! Rageait-il intérieurement.

Il allait rester là allongé dans le sable lorsqu'il sentit que quelqu'un le soulevait pour le remettre debout de force. Il paniqua et fixa son "agresseur": un...un homme! Il se stoppa net jusqu'à arrêter de respirer. Il avait une couleur de cheveux étranges et ses yeux aussi... ce n'était certainement pas naturelle. Pourtant il n'était pas très masculin, juste assez pour que l'on reconnaisse que se soit un homme.Il sentit qu'il le soulever avec tellement de facilité qu'il aurait fait ce qu'il voulait de lui... A cette idée il trembla sans pouvoir s'arrêter.L'inconnu tenta d'épousseter son manteau mais il le fit d'un geste si brusque et violent que Gorgo cru qu'il voulait le frapper. Il cria et d'un bon rapide il recula. Il restait debout mais il se recroquevilla sur lui même. Il colla ses genoux l'un contre l'autre,se cambra légèrement, et ramena ses mains sur sa bouche en gardant ses coudes sur son torse dans lequel son cœur battait à toute vitesse. Il avait les yeux encore pleurant...

"Ne me frappait pas!!!"

Il voulu s'enfuir tellement il avait peur, alors il se retourna pour se mettre à courir mais il se rappela de son chapeau... Sans lui il allait avoir une insolation ou pire encore! Alors il se remit dans la direction de l'homme pour constater malheureusement pour lui qu'il était maintenant en possession de "cheveux bleus". Il tremblait toujours, le regarda dans les yeux avant de baisser immédiatement le regard. Il passa sa main sur sa mèche blanche pour la remettre devant son œil meurtri de cicatrice. Euryale se recroquevilla à nouveau. Il prit une grande inspiration avant de prononcer d'une voie tremblante:

"Ren...rendait moi mon chapeau...s'il vous plait...j'en ai besoin..."

Il ne voulait pas l'énerver encore plus alors il restait le plus poli possible... Il frotta un peu le sable collé sur son visage bien qu'il commencer à l'irriter un peu...Il se retrouvait coincé sans possibilité de s'enfuir car il savait bien qu'il ne courait pas assez vite pour lui échapper et que sans chapeau il allait vite se déshydrater... Que faire... Pour l'instant il restait là sans bouger en attendant une ouverture...

Spoiler:
 


Dernière édition par Euryale Gorgo le Mer 23 Jan - 20:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Mer 23 Jan - 17:19

Que s'envolent les cris des oiseaux...


Il s'attendait à beaucoup de choses, mais peut-être pas à celle ci.
Être repoussé, regardé comme si il sortait d'une autre dimension...il en avait pris l'habitude, lui qui détestait se plier aux conventions nippones qu'il trouvait particulièrement ridicules. Mais qu'on le fuit, ça il ne s'y attendait pas, c'était l'une des premières fois, peut-être même la première. Qu'on le fuit parce qu'il faisait peur. Son bras resta suspendu dans l'air quand l'autre recula et ses lèvres s'entrouvrirent sous la surprise. Il ne comprenait pas vraiment. Avait-il fait là quelque chose de réellement déplacé ? Jamais il n'avait du faire face à une réaction aussi violente. Il laissa son bras retomber mollement contre sa hanche et renonça à essayer d'approcher de nouveau son étrange interlocuteur. Si celui-ci avait peur de lui, ce n'est pas en se collant à lui qu'il allait le rassurer, mais ce qu'il ne comprenait pas, c'était justement de quoi il pouvait bien avoir peur. Il ne se considérait pas comme quelqu'un de particulièrement intimidant. Il n'était ni très grand ni très robuste, pas vraiment impressionnant en fait. En plus, son visage plutôt enfantin et ses cheveux teints suggéraient chez lui plus de fantaisie que de malveillance, il en était certain. Peut-être le prenait-il pour quelqu'un d'autre ? Il avait du mal à le croire cependant, c’eut été une coïncidence un peu grande.

_Euh...je n'ai aucune raison de vous frapper je crois...

Il haussa un sourcil et mit dans sa bouche l'un de ses doigts dont il commença mordiller l'ongle nerveusement. Il ne savait pas quoi dire pour le rassurer. C'était une situation plutôt gênante il fallait bien l'admettre, d'autant plus parce qu'il avait la désagréable impression de se retrouver dans le rôle du méchant. De nouveau. Oui, vraiment désagréable, mais il ne pouvait pas s'enfuir. C'était cela le pire à son avis, les petits incidents quotidiens qui lui échappaient totalement. L'autre le regardait de ses yeux larmoyants sans qu'il parvienne à connaître la raison de sa peur et il se retrouvait planté là comme un idiot. Il avait beau se creuser la tête, il ne voyait rien dans son attitude qui justifierait un tel comportement à son égard jusqu'à ce qu'il formule l'hypothèse de l'hybridité de cette étrange personne. Sa drôle d'apparence s'expliquait alors et même sa crainte à son égard. Il n'était pas accompagné. Un hybride en fuite peut-être, ou alors échappé depuis longtemps des animaleries qui essayait de vivre normalement parmi les humains. Dans ce dernier cas, il se demandait bien comment il justifiait son physique . Un hybride quoi ? De cela aussi, il était curieux...

_Vous n'avez pas de raisons d'avoir peur de moi vous savez. Je ne vous veux pas de mal, hein...

Il avait l'impression de s'adresser à un gamin, ou à un étrange indigène dans les forêts d'Amérique du Sud. Lui, conquistador. Berk. Oui, hybride, sous cet éclairage, son comportement prenait sens, ce devait être cela. Que faisait-il eul ici alors ? Avait-il fui un maître abominable ou ne supportait-il simplement plus d'être soumis à d'autres personnes ? Au vu de sa manière de s'imposer absolument admirable, il pensait plutôt qu'il avait profité d'un moment d'inattention pour s'échapper d'une animalerie quelconque, alors que son maître avait essayé de se débarrasser de lui.
Lui rendre son chapeau ? Oui bien sûr. Il ne comptait pas l'en priver, ni le garder pour son usage personnel. Pas qu'il pensa que son vis à vis n'avait pas bon goût, mais ce n'est pas tout à fait le genre de vêtements qu'il avait l'habitude de porter. Il le lui tendit sans un mot, sans s'approcher davantage de lui de peur qu'il ne s'enfuit. Il en avait besoin avait-il dit. Avec quelle sorte d'animal avait-il pu être croisé pour ressembler à cela...? Aussi égoïste que lui paru cette pensée, il fut bien heureux d'être un humain on ne peut plus banal, d'être né loin du Japon et des mutations engendrées par la catastrophe nucléaire qui avait touché cette région. Peut-être parce qu'il n'était pas né ici justement, il avait tendance à oublier l'existence des hybrides, poursuivant sa vie comme si il avait simplement changé de pays, mais il se rendait compte de plus en plus durement qu'il avait aussi changé de réalité.

_Tenez, je vous en prie. Mais euh...

Cette fois, il fit un pas vers lui. Prudemment. De la même manière qu'il se serait approché d'un animal blessé. C'était peut-être cela qu'il était d'ailleurs. C'était dégoûtant.

_Excusez-moi, votre réaction m'a surpris, j'en perds mes manières. Je m'appelle Rainer, Rainer Haschischman. Ne vous inquiétez-pas, je ne vais pas vous dénoncer à la police. Vous êtes un hybride, n'est-ce pas ? Mais euh, c'est peut-être indiscret, mais que faites-vous ici ?


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Euryale Gorgo
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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Jeu 24 Jan - 22:16

Le soleil frappait encore plus fort, ou alors était-ce le stress soudain qu'Euryale ressentait en présence de cet humain inconnu? Il était juste surpris lui aussi de sa réaction... il était gentil avec lui? Impensable de toute sa vie il n'avait jamais vu une personne le traiter ainsi alors il n'y croyait plus depuis longtemps.

Il ne reculait plus voyant que l'homme était calme mais il restait tout de même sur ses gardes... Il se rappelait les paroles de son "père" à propos des humains...

"Tu sais tu aura beau sortir et échapper à mon contrôle personne ne voudra de toi... Les humains adoptent les hybrides pour trois raisons: parce qu'ils sont mignons,serviables ou attirants sexuellement parlant... Toi Euryale tu ne répond à aucun de ces critères... Tu n'est pas beau...loin d'être adorable...et tu es faible... Tu comprends? Tu ne sera jamais adopté et personne ne s'attardera sur toi!"

Malgré que ses paroles soient crues elles étaient véridiques jusqu'à présent... personne ne l'avait jamais bien traité... Alors il garda une certaine distance face à lui...Jusqu'à ce qu'il lui tende son chapeau... Alors il ne savait plus très bien quoi faire... était-il vraiment sincère? Vraiment gentil ou alors était-ce juste un piège? Le nombre de fois où il s'était laissé avoir auparavant lui avait suffit! On lui proposait ce qu'il voulait puis lorsqu'il venait pour le chercher on l'attrapait lâchement!!! Il commençait à s'énerver un peu mais ses yeux restaient pleurant.
Il avait vraiment besoin de se protéger du soleil, il se sentait fondre peu à peu sous le zénith...Il n'arrivait plus très bien à se concentrer...

L'inconnu se présenta... Rainer Lukas Haschicsh... Il n'arrivait pas à retenir son nom complet... qu'est-ce que c'était? Du Russe? Certainement pas du japonais en tout cas...Ça pouvez expliquer ses cheveux si...exubérant.Son visage se serra à l'entente du mot "police"... Non, surtout pas! Sinon il allait rester toute sa vie en animalerie ou en maison de redressement!! De plus ce Rainer comprenait qu'Euryale était un hybride... Il ne voulait pas qu'il le prenne pour un de ces animaux de compagnies artificiels! Et puis il venait de dépasser le stade de la peur et de la tristesse maintenant il s'énervait... mais juste qu'il était à bout de nerf... et il ne voulait vraiment pas être maltraité!!

"En quoi est-ce que ça vous regarde au juste!!! C'est une plage non autorisé au hybride c'est ça!? Je m'en fiche de vos indications racistes de toute façon!! Parce que de toute façon les hybrides,c'est pas si différent de vous, c'est fait avec...!"

Il ce stoppa car il allait trop en dire et surtout que cette idée le dégoutait affreusement...Une nausée affreuse le pris au ventre, en plus du soleil, de la chaleur, sa tête lui tournait, il ne tenait plus sur ses jambes...Il crut qu'il allait recracher son estomac tout simplement mais il ne put que tousser très fort en se sentant basculer sur le sol et de retomber dans le sable lourdement... Il ne sentait plus rien autour de lui à part la chaleur étouffante de la plage... La tête sur le côté tourné vers la mer... Il respirait fort...Il se sentait dessécher au soleil...

"J'ai chaud...trop chaud...Je déteste la plage..."
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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Sam 2 Fév - 22:56

Derrière ces murs je sais qu'il y a la mer...


Il était content.
Au moins, il était sûr qu'il s'agissait bien d'un hybride.
Par contre, il appréciait beaucoup moins de se faire traiter de raciste et d'intolérant alors qu'il n'avait rien fait d'autre qu'essayer de rendre service. Il n'avait absolument rien contre les hybrides, leur condition avait même plutôt tendance à l'émouvoir, mais il ne supportait absolument pas les gens agressifs qui, comme ici, lui sautaient au cou sans raison. Sa première explication fut que cette attitude était peut-être due à ses gênes animaux mais il préféra l'écarter et mettre cela sur le compte de la personnalité et des évènements extérieurs influençant son interlocuteur, comme pour n'importe qui. Aussi bonnes soient ses intentions à l'égard des hybrides, il n'arrivait toujours pas, malgré ses efforts, à vraiment les considérer comme des êtres humains. Parce que, biologiquement, ils ne l'étaient pas vraiment, et sans qu'il le dise tout haut, cette hybridité avait tendance à le mettre un peu mal à l'aise. Mais ça, il se gardait bien de le montrer, il ne souhaitait blesser personne. Les hybrides avaient déjà une situation assez pénible à supporter sans qu'ils doivent en plus subir les regards méprisants et méfiants de ceux qui ne pourraient jamais être à leur place et comprendre leur condition.
Cependant, malgré ses bonnes intentions, à ce moment précis, il n'avait plus aucune sympathie pour celui qui lui faisait face, et cela n'avait rien à voir avec le fait qu'il soit un hybride, un humain ou un farfadet. De cela, il n'avait rien à faire. Tout ce qu'il savait, c'était que l'on l'avait agressé sans aucun motif et qu'on s'était permis de l'insulter alors qu'il était s'était montré plein des meilleures intentions. Ses doigts se crispèrent autour du chapeau. Si l'autre ne s'était pas écroulé à ses pieds, peut-être serait-il parti avec un air de dignité outrée, d'homme dédaigneux, mais il n'était visiblement pas fait pour le rôle du méchant, et ce quelles que soient les histoires. Il laissa tomber le chapeau et se précipita pour retenir l'autre par les épaules avant qu'il ne se retrouve de nouveau le visage dans le sable. Plutôt une insolation. Il passa un bras sous ses épaules pour le soutenir tandis qu'il l'aidait à se relever, ramassant le malheureux couvre-chef au passage. Il était encore plus léger qu'il ne l'avait pensé et sans qu'il soit vraiment maigre, il devinait sans peine ses os sous son manteau. Même dans les boutiques d'hybrides dans lesquelles il s'était rendu, plus par curiosité que par réel intérêt, il n'avait jamais rien vu de tel, jamais rencontré personne à la physionomie aussi particulière.
Il n'aimait pas être mal à l'aise.

_ Euh, voilà votre chapeau..., ajouta-t-il en le lui mettant maladroitement sur la tête. Vous...Vous ne voulez pas que je vous accompagne jusqu'au poste de secours ? Même en cette saison, il y a quelqu'un, et ils auront certainement de quoi vous remettre en forme...

Il préférait ne pas répondre à ces accusations injustifiées à propos de son prétendu racisme. D'abord parce qu'il ne voyait absolument pas quoi répondre, et ensuite parce qu'il ne pouvait pas nier que l'existence d'êtres comme les hybrides le troublait profondément, et qu'il n'était peut-être pas prêt à les accepter dans sa vie. Il avait prit leur existence comme l'une des particularités de Kichi. La civilisation japonaise était tellement éloignée de la sienne que cela n'était pour lui qu'une bizarrerie de plus. C'est ce qu'il aimait se dire, même i il savait pertinemment que cette réalité était un vrai problème, et qu'il ne ferait que prendre de l'ampleur au fil des années. Autant d'un point de vue scientifique que social et juridique, l'existence d'êtres à mi chemin entre l'humain et l'animal remettait en cause tous les principes de la société humaine. D'autant plus que c'était elle qui les avait créés. Mais mieux valait qu'il réfléchisse à tout cela au calme chez lui. Pour l'heure, il avait l'un de ces étranges individus sur les bras -c'était bien le cas de le dire, aha !- et quels que soient ses questionnement à son égard, il avait toujours eu beaucoup de respect et d'amour pour les êtres vivants, autant les humains que les animaux -sauf les araignées et les capitalistes les plus extrêmes- alors il n'avait pas à se demander comment il allait agir.

_ Sinon, si vous n'avez pas envie que l'on vous pose des questions...je suppose que c'est cela le problème des soins publics...vous pouvez toujours venir chez moi. Je dois avoir de quoi dans ma boîte à pharmacie. Par contre, il faudrait prendre le bus, c'est bien à une demie heure...

Il lui s'interrompit et lui jeta un coup d'oeil légèrement anxieux. Il doutait très fortement qu'il ait la moindre envie de se déplacer jusque chez lui.

_ Enfin, ce que je veux dire, c'est que dans tous les cas, je ne peux pas vous laisser ici dans cet état.

Peu désireux de s'éterniser ici ou l'autre risquait de s'écrouler de nouveau si il venait à le lâcher, il entreprit de quitter la plage. Le poids qu'il devait porter et le sable s'enfonçant sous ses pieds ne l'aider pas vraiment à progresser mais il était fermement déterminé à ne pas rester ici. Il n'aimait pas avoir mauvaise conscience non plus. Il ne le supportait plus. Alors il irait au moins jusqu'à la promenade avec lui, et si il refusait l'aide qu'il lui proposait, il avertirait les secours qui s'occuperaient de lui. Ce qu'il lui arriverait ne le regarderait plus.
En rien.


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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Mar 5 Fév - 21:31

Il faisait bien trop chaud... Euryale n'en pouvait plus... Il ne pouvait plus bouger alors il se laissa rattraper... Bien qu'il détestait tout contacte physique... Il pouvait sentir que l'on l'attrapait par les côtes...Il avait horreur de ça mais ne pouvait rien y faire... Il pouvait juste respirer... Il respirait de plus en plus fort... comme si l'air ne rentrait presque plus dans ses poumons...Il fermait les yeux éblouit par le soleil...jusqu'à ce que Rainer lui remette son large chapeau.

Il avait peur...non seulement de l'homme qui le tenait dans ses bras mais aussi de finir à l'hôpital... Il ne voulait pas souffrir davantage mais il ne voulais pas non plus que l'on cherche des informations sur lui... au risque de faire découvrir le complexe scientifique étant resté secret jusqu'à présent...et là il pouvait être sur qu'on chercherait à se débarrasser de lui... par des moyens plus ou moin discret mais surtout barbare et douloureux... Ce matin il se demandait si continuer de vivre était si important...mais là...il en était certain... il ne voulait plus souffrir...avoir mal...ou se réveiller chaque matin avec la terreur de ce qu'on pourrait lui faire subir aujourd'hui...Il voulait juste... vivre simplement...peu importait au fond...temps qu'il était libre...

Alors il ne voulait pas qu'on l'abandonne...pas ici...pas maintenant... mais cet homme...après tout ce qu'il lui avait dit...jamais il n'accepterait de l'aider après tout... c'est ce qu'il pensait jusqu'à ce qu'il leva la tête et le bord de son grand chapeau afin de voir l'expression de ce Rainer... Et à sa plus grande surprise il se proposait de l'aider... de l'amener chez lui même! Euryale le fixait totalement déstabilisé... est-ce qu'il était sincère? Voulait-il vraiment l'aider? Euryale ne pouvait y croire, mais en même temps il était tellement heureux...

Heureux que l'on porte un minimum d'attention sur lui... habituellement lorsqu'il ne se sentait pas bien il gardait ça pour lui car soit on s'en contrefichait soit on le faisait encore plus souffrir pour le guérir dans le but de tester de nouveaux médicaments ou produits sur lui... Mais là cet homme au cheveux bleu voulait l'aider... même si c'était un minimum il était déjà très heureux alors il voulut se laisser porter...pour une fois il se sentait porter par un courant favorable...

Il s'en voulait de l'avoir insulté ainsi...les gens avaient peut-être raison... Il existe peut-être de bonne personne sur terre... Alors il baissa la tête et vînt la pauser sur le torse de son sauveur si galant finalement...Il pleura à nouveau...mais de joie cette fois... Alors il tenta de se calmer pour articuler faiblement:

"Excusez moi pour ce qui c'est passé précédemment... Mon...mon comportement était irrespectueux vis à vis de vous... Comprenez... J'ai du mal à avoir confiance en les humains... Je vous ai mal jugé... Vous m'avait aidé et je vous en remercie... Vous êtes quelqu'un de bien...Pardon... Mais je ne veux pas aller à l'hôpital... Je vais avoir de gros problème si j'y vais...mais je ne veux pas non plus..."


Il avait du mal à parler... même si un peu d’éloquence aurait été la bien venu pour se faire pardonner et comprendre il avait beaucoup de peine à terminer ses phrases... Il se tourna vers la mer... Il était venu juste pour ça... juste pour nager dans ce bleu infini... et au fond...ne voulait-il pas s'y noyer pour de bon ce matin? Mais pour maintenant... Il voulait juste y allait pour nager... connaître cette sensation...au moin une fois avant de retourner au laboratoire...

"Je n'ai jamais nagé dans la mer... je suis venu exprès pour ça aujourd'hui...et j'ai peur de ne jamais pouvoir y revenir... s'il vous plait... je ne veux pas partir... Je veux rester ici..."


Il se sentait de plus en plus partir vers un sommeil profond mais... il ne devait pas dormir...en tout cas pas maintenant...
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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Ven 15 Fév - 23:19

Mon rêve s'est écroulé, et il est devenu sable
Le vent l'a emporté


Voilà qu'il se collait contre lui. Peut-être un hybride koala ?
Il n'aimait pas trop qu'on le tripote, mais il mettait ce soudain rapprochement sur le compte de son état de dégradation avancé. Et voilà qu'il se mettait à s'excuser. On se serait cru dans un drama, avec le mec au caractère de merde qui se calme dès qu'on lui adresse un mot gentil et qui devient encore plus niais que l'héroïne. Mais bon, si la vie était un drama, on le saurait...quoi que la sienne pouvait éventuellement servir de contre-exemple, mais comme on dit, c'est l'exception qui confirme la règle, hein. Alors il ne voulait pas aller à l'hôpital. Evidemment. P'têtre que c'était lui la gonzesse finalement. Les japonaises étaient très douées pour flairer le fric. Sûrement que lui aussi. Il allait vouloir venir à la maison, parce que c'est toujours pratique d'avoir des potes pleins de thune, hein, mais...Mais non. Bon, au moins ce n'était pas quelqu'un de mal intentionné. Quoi que...il était tellement niais...Rainer commençait à se demander très sérieusement si une telle candeur n'était pas feinte. Ce n'était pas possible de trouver des gens...comme ça, au XXIème siècle. Soit l'autre était très bon acteur et il l'admirait, soit il était vraiment comme ça et...il se demandait si il devait prendre peur ou avoir pitié de lui.

_ Non mais c'est bon, c'est rien, pas la peine de vous excuser.

Ah, la mer. C'était la mer qu'il voulait voir. Ils avaient traversé la moitié de la plage pour rien quoi, mais l'autre avait l'air d'aller mieux. Peut-être qu'il avait raison finalement et qu'il n'avait aucun besoin d'aller à l'hôpital se faire remettre d'aplomb. C'était quand même bizarre. Peut-être que c'était ses gênes d'hybride, ou alors il avait juste une santé particulièrement capricieuse. En tous cas, il semblait qu'il n'avait plus à s'occuper de l'accompagner où que ce soit. Il le lâcha prudemment, histoire qu'il ne s'effondre pas de nouveau, et s'éloigna de quelques pas, remettant maladroitement son t-shirt en place. Il détestait que ses vêtements ne tombent pas correctement. Et il n'aimait pas qu'on le touche, alors cela lui donnait un prétexte pour remettre une certaine distance entre eux. Non, il n'était pas aussi répulsif qu'un japonais, mais qu'un illustre inconnu se colle à lui de cette façon le rendait nerveux. Et maintenant ?

_ Hm, bon ben, je suppose que vous n'avez pas besoin de moi plus longtemps. Vous savez nager au moins ? Ça m'embêterai que vous vous noyiez...

Ce n'était peut-être pas dit de la plus belle des façons, mais l'idée y était, il fallait juste espérer que l'autre ait comprit la leçon et ne se montre pas aussi susceptible à cette question qu'à la dernière. Il renifla, plus par habitude que par réelle besoin et passa distraitement une main dans ses cheveux emmêlés pendant qu'il détaillait le personnage plus en détail. Le laisser se baigner seul semblait à peu près aussi déraisonnable que de lui demander de courir un marathon. Avec un soupir plus résigné qu'agacé, il fourra ses mains dans ses poches et se dirigea vers la promenade qu'ils étaient sensés rejoindre avant ce changement de plans subit. Qu'il aille donc se baigner si ça lui chantait, lui allait suivre son idée, et puis c'était tout. L'autre, dont il ignorait toujours le nom d'ailleurs, qui était plus doué pour s'énerver que pour se présenter, devait avoir à peu près la moitié de son âge, à vue de nez, et il ne comptait certainement pas se laisser dire ce qu'il avait à faire. Il était un adulte responsable, non mais oh, et il était hors de question qu'il laisse qui que ce soit, qui plus est un gamin, se mettre en danger par caprice. Il voulait voir la mer, soit, mais lui n'avait pas envie ni le temps de jouer les baby-sitter toute l'après-midi.
Il était donc grand temps qu'il aille chercher des renforts.
Il se retourna vers lui, l'autre, le garçon qui voulait voir la mer, et ouvrit la bouche, comme s'il s'apprêtait à dire quelque chose, puis la referma sans avoir prononcé un mot, le sourcils légèrement froncés. Non, cela ne servait à rien, il ne lui répondrait pas. Il préféra laisser sa question de côté, pour le moment, ce n'était pas le plus urgent. Le plus important était "Comment faire comprendre à cet hybride visiblement pas très disposé à recevoir des ordres ni même des conseils de la part des gens normaux qu'il devait rester tranquille et l'attendre sagement ?". Ça paraissait assez mal barré, mais Rainer restait optimiste.
Après tout, il n'avait pas l'air méchant.

_ Est-ce que vous pourriez m'attendre ici quelques minutes ? Je ne tiens pas à ce que vous alliez vous baigner dans votre état sans surveillance; je vais aller chercher quelqu'un pour appeler une ambulance ou un taxi pour vous ramener chez vous. Je sais que vous n'en avez aucune envie, mais ce serait bien que vous alliez consulter quand même...Enfin bref, ne bougez pas d'ici, je reviens.

Sans attendre de réponse, il avala la distance sablonneuse qui le séparait encore de la promenade en quelques enjambées. Toujours aussi déserte, à son grand dam. Bien qu'il maugréa intérieurement de cette absence totale de vie humaine à l'horizon, cela lui donnait le temps de réfléchir à la manière dont il présenterai la situation à celui ou celle à qui il demanderait de l'aide. "Bonjour, un hybride en fuite ne se sent pas très bine, pourrais-je vous demander de prévenir l'hôpital le plus proche en inventant un mensonge quelconque pour justifier sa situation ici ?". Peut-être ferait-il mieux d'écouter ledit hybride et de laisser tomber, mais maintenant qu'il s'était proposé d'aller quérir une assistance, il ne sentait pas de revenir pour reconnaître qu'un môme avait eu raison et lui tort. Rainer Lukas Haschischman n'avait pas tort, il en était intimement convaincu. pas sur ce coup là en tout cas. Il aura juste fallu quelque chose, n'importe quoi, n'importe qui pour lui donner raison. Vraiment n'importe qu...

_ Eh ! Vous là ! Excusez moi mais pourriez-vous m'aider je vous prie ? Un...ami...ne sent pas très bien et j'aurais besoin d'appeler un taxi pour le ramener.

Ouais, mieux valait laisser tomber l'ambulance. Et ça aurait quand même été plus facile si il n'avait pas abandonné son propre téléphone portable sur la plage avec ses chaussures et ses affaires. Décidément, c'était la journée des blancs. A croire que tous les non japonais vivant au Japon avaient le droit à un nettoyage dans les règles avec passage à la javel quand ils posaient le pied sur l'archipel nippon. Il jeta un coup d'oeil inquiet derrière lui pour vérifier que l'autre petit l'avait écouté et ne s'était livré à aucun acte inconscient et, bien malgré lui, la partition régulière quoiqu'un peu répétitive de la musique de son pauvre coeur loupa une note.


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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Mar 19 Fév - 5:10



NdlR : Je vous suggère de lire ce paragraphe avec le ton enjoué et exalté d'une Dolorès Ombrage sous euphorisants, c'est amusant.

C'était avec la grâce et la hâte d'un éléphant gravide qu'Amarilys goûtait aux joies légères de la flânerie sur cette promenade en bord de plage où les mouettes, audacieux émissaires ailés des étendues liquides moirées, donnaient à entendre au folâtre badaud badin, bienheureux insouciant et chancelant indolent, leurs exclamations chantantes justement ponctuées de généreux dépôts fertiles, agréments dont la vision et la senteur enchantèrent des bambins curieux et rieurs qui jonchaient désormais le sol avec un goût et un raffinement rarement égalés, offrant au regard taquin des passants leurs yeux enthousiastes et leurs entrailles impudiques et coquettement agencées. J'en glousse encore.

Hm, je crains que ce ne soit pas exactement la bonne version.

Ce bon Amarilys flânait, il est vrai. Avec une lenteur lymphatique, presque effrayante. Il avait le temps, oui, c'était certain. Cette promenade était assurément charmante. Les arbres touffus qui bordaient le sentier dispensaient une ombre qui, si elle n'était pas bienvenue au vu de la fraîcheur des jours, était en revanche toute indiquée pour les enfants de la lune, et Dieu sait qu'Ama' aime la lune pour les phototypes faibles. Et Amarilys ne tenait pas vraiment à prendre une belle couleur caramel avec la marque du maillot et tout. Parce qu'il aurait plutôt pris une teinte à mi-chemin entre le homard ébouillanté et la culotte de Cassia les jours de pleine lune le coulis de framboise, pardon. Mais enfin, tout le monde sait que le bronzage c'est pour les paysans, les ouvriers, bref, tous les gens de basse naissance. Et pour les ploucs qu'avaient rien compris à la vie aussi. Cette pensée l'amusa. Eh oui, en chaque noble hautain sommeille un enfant capricieux qui aime à voir le monde tel qu'il lui plaît et se confond dans une quête hédoniste sans fin. Et quel moyen le plus accessible et jouissif que la dérision, qui a l'heur de rassembler humour et mépris, si précieux à l'élévation de l'ego vers des sommets empyréens ? Enfin, je m'égare.
Amarilys avait le temps. Rien, vraiment rien ne pressait. C'est ainsi qu'il resta de longues minutes, planté à côté d'un arbre, les mains dans le dos, à ne rien faire d'autre que regarder les eaux agitées, poussées par le vent puissant vers la plage. Déserte. Amarilys dût se retenir à l'arbre un instant, à la faveur d'une bourrasque scélérate qui avait menacé de le faire tomber. Ses longs cheveux ondoyaient derrière lui. S'il n'avait pas été aussi beau, et s'il y avait eu quelqu'un pour regarder, on aurait pu croire à une pub pour un shampooing "qui nourrit la racine en profondeur et renforce la kératine du cheveu. 122% des laborantines chauves femmes qui l'ont essayé en sont satisfaites.". Mais il semblait n'y avoir personne aux alentours. Et Amarilys était vraiment beau. Le genre de personne dont on dirait que la vie l'a photoshopée.
Amarilys reprit sa lente procession, perdu dans des non-pensées sans importance, divertissantes futilités. Aussi, lorsqu'on le héla "Eh ! (Vous) là !" ne réagit-il pas de suite. Il releva la tête, jusqu'alors attachée à ne pas détailler le sol égal du sentier et se tourna vers l'origine du son. Non sans avoir opéré sa sempiternelle transformation. Ses yeux se teintèrent d'amusement et se plissèrent en conséquence, ses lèvres s'étirèrent jusqu'à afficher un sourire aimable, il pencha légèrement la tête et haussa un sourcil pour signifier son attention à son interlocuteur, qui avait désormais affaire à un masque parfait et subtil.
Il détailla rapidement l'audacieux qui osait l'aborder. Type européen. Une couleur de cheveux douteuse. Jeune d'apparence. Des habits banals quoiqu'un peu curieux pour être la plage. Pas forcément déplaisant à regarder. Pas forcément baisable attirant, mais loin d'être laid. Il lui sourit.

"Bonjour ?"

Joignant le geste à la parole, il inclina très légèrement le buste et la tête, la main droite sur le cœur.
Cela paraissait tout à fait anodin, comme situation. Cependant, poussé par une curiosité quelque peu malsaine du même genre que ceux qui ralentissent sur l'autoroute pour mieux voir un accident et la viande étalée, Amarilys ne se décida pas à lui venir en aide. Mais poliment. Avec tact. Diplomatie. Et mensonge, oui, aussi.

"Je suis vraiment navré de ne pouvoir vous aider, je n'ai pas de portable sur moi, j'étais simplement sorti faire une promenade, je... est-ce là votre ami ?"

Arborant d'abord un pauvre sourire pour bien montrer qu'il était désolé, Amarilys laissa affleurer sa curiosité dans sa question. Il désigna la forme vaguement éloignée qui se détachait sur la plage, derrière l'homme. Elle faisait face à la mer. Et malgré qu'elle lui tourna le dos, malgré le soleil sur le sable, malgré la distance, il crût deviner qui se dissimulait derrière cette silhouette exagérément emmitoufflée. Si son intuition s'avérait exacte, la suite se promettait certainement récréative.

"Je n'ai croisé personne, et je n'ai vu personne me précéder. Peut-être les gens évitent-ils de sortir à cause du vent ? Quoi qu'il en soit, je doute que vous croisiez quelqu'un sur ce sentier, les alentours me paraissent déserts à perte de vue ! Si vous me permettez ?"

Amarilys espérait avoir manoeuvré assez habilement. Et puis, cette fois, il avait dit la vérité. Sur ces mots, sans vraiment attendre de réponse de l'inconnu, mais sans trop de désinvolture, il quitta la promenade et son ombre, entra dans la lumière et rayonna. Rien d'étonnant lorsque l'on est en blanc de la tête aux pieds. Le sable crissait sous ses talons.
Il jeta un regard en arrière, vers l'homme aux cheveux bleus, comme pour l'inciter à le suivre, puis se retourna vers son objectif, non sans avoir passé une main délicate dans ses cheveux que le vent avait rabattu devant sa figure.
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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Sam 2 Mar - 16:08

Si je renais, je ne veux pas être un chien ou un chat, car ils y en a de plus mignons que d'autres. Je veux être une méduse.


Bon sang, c'est quoi ce guignol ?
Ce fut sa première pensée. La seconde fut qu'il devait y avoir des jours comme ça, où on tombait sur les individus les plus ternes de toute une ville en l'espace de quelques heures. Enfin, il n'était pas sûr que les plus ternes conviennent au vu de leurs vêtements respectifs, mais ceux qui ne ressemblaient à rien dans tous les cas.

_ Euh oui, bonjour.

Et des individus tous plus aimables le uns que les autres. Si il n'avait pas de portable, il ne l'intéressait pas, alors pourquoi s'en allait-il comme cela ? Il détestait que la situation lui échappe de cette façon, il détestait qu'on lui vole la vedette. Vous permettez ? Non, il ne lui permettais pas à cette espèce de..de...c'était que ce style d'ailleurs ? Un cosplay ? une forme dérivée du visual kei ? Rien de bien intéressant dans tous les cas, un truc de jeune occidental qui veut se la jouer japonais mais super original parce qu'il est occidental vous voyez ? Et on le sait que les occidentaux font tout mieux que tout le monde. Sûrement un de ces ados imbibés de la culture pop japonaise qui avait finalement fait les vingt heures d'avion depuis l'Europe pour se taper une année ou quelques mois au pays de Naruto et de The Gazette. Ouh, que c'était excitant. Il avait bien la tronche à ça. La tronche à vouloir faire craquer les minettes nippones avec cette gueule efféminée et cette prétention qui transpirait dans chacun de ses mots. Il s'en fichait éperdument de ce dont il doutait, l'autre fan de la vierge Marie. Il avait déjà assez de mal à ne pas s'énerver devant le peu de coopération du petit, il avait également fallu qu'il tombe sur ce genre d'énergumène en cherchant de l'aide. C'était bien sa veine.
Et il lui faisait de le suivre. Oui bien sûr, il fallait qu'il l'invite, ce n'était pas du tout lui qui s'incrustait comme un sans-gêne entre lui et son "ami". Quelques années au Japon avaient fini par lui faire oublier ce genre de grossièreté. Il resta immobile quelques instants, hésitant entre tourner les talons et les laisser se débrouiller tous les deux ou "accepter" l'invitation de la demie-femme. Sa fierté ou sa curiosité... Et puis, pourquoi choisir ? Il fut de nouveau sur la plage en deux enjambées et rattrapa rapidement l'importun qui s'approchait dangereusement de son mal-portant assigné.

_ Je ne sais pas ce que vous comptez faire, mais sans téléphone, vous ne serez d'aucune utilité. A moins que vous ne soyez médecin. mais bon, à voir votre âge et votre...tenue, je doute que ce soit le cas.

Ou alors il avait été sauvagement pistonné par un proche, un ami, un parent ou autre. Ou alors il avait corrompu un quelconque haut responsable, ça marchait aussi bien ici qu'en Autriche. Enfin, c'était peu probable, d'abord parce que les gamins n voyage dans l'archipel n'avaient pas ce genre de préoccupations, et ensuite parce que nommer quelqu'un médecin alors qu'il devait avoir..quoi...vingt ans grand maximum, c'était un peu gros tout de même, et difficile à étouffer. Même avec un très bon avocat. Il en savait quelque chose.
Bon, au moins le petit avait l'air d'aller bien, c'était déjà une bonne chose. Depuis la promenade, il avait eu du mal à le repérer et s'était dit qu'il était peut-être allé se baigner malgré son interdiction. Mais voir la mer ne lui suffirait certainement pas, il avait dit qu'il voulait y nager. Rainer en avait assez. Tout cela l'agaçait. Il avait vraiment horreur de ce genre de journée, quand il ne pouvait être que spectateur de ce qui se passait autour de lui. A quel moment cela avait-il dérapé ? Peut-être quand il avait décidé de l'aider, ou quand il avait voulu aller se promener seul sans prendre ses affaires avec lui, ou même peut-être tout simplement quand il avait pensé que la plage serait une bonne idée. Et voilà. Il allait faire le MNS, parce qu'il ne faisait aucunement confiance à un échappé de cyber café pour veiller sur un jeune homme qui avait l'air aussi fragile que celui ci. Merveilleux. Mais non, car il aurait besoin de lui. Lui l'autre, hein, la poupée Barbie, le Sephiroth ou Ukitake raté, 'fin lui quoi.
Il se tourna vers lui avec un air passablement irrité.

_ Vous savez nager ?

Et non, il ne savait pas nager. Il soupira et se laissa tomber assis dans le sable, les yeux rivés vers l'horizon. Si il envie d'aller nager là dedans, c'était son affaire après tout, il ne voyait pas pourquoi il devrait se considérer responsable des comportements déraisonnables d'un parfait inconnu. Il était stupide, ça devait être ça, tout simplement, parce qu'il se savait incapable de partir maintenant qu'un lien, aussi infime qu'il soit, s'était tissé entre lui et le jeune homme. C'était pareil quand il rendait service à quelqu'un dans la rue ou quand quelqu'un lui adressait la parole dans le bus, il avait horreur de ces embryons de relations avortés. Il y avait beaucoup de choses qu'il n'aimait pas, et aujourd'hui, il avait la chance d'en avoir plusieurs réunies en même temps, pour le plus grand profit de sa bonne humeur. Il commença à creuser sans but le sable devant lui. Il en aurait plein sous les ongles après, il allait passer un moment à tout retirer. Encore une choses qu'il n'aimait pas, mais là, c'était entièrement de sa faute.

_ Vous faites partie d'un groupe de cosplay tous les deux ?


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Euryale Gorgo
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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Mar 12 Mar - 11:32

Euryale ne réagit pas immédiatement lorsque l'autre le lâcha pour reculer un peu et se relever. Il se rattrapa avec son bras sur le sable. Il avait horreur de son contacte,c'était tellement sec.Il lança un petit regard triste vers lui. Il tendit la main comme pour le rattraper mais il la baissa à nouveau pour la poser sur son genou. Il comprenait qu'il devait être gêné, cette situation était plutôt embarrassante c'est vrai. Tout ses espoirs de passer une bonne journée s’échappaient peu à peu lorsque l'autre annonça ses projets de le conduire quand même à l'hôpital. ce n'était pas qu'il ne voulait pas mais il ne pouvait pas tout simplement. Est-ce qu'il devait l'anesthésier avec ses ongles et s'enfuir? Il en avait la force à présent mais pas le courage. Après tout il voulait l'aider.

Il regarda en direction de la mer. Non, il ne nagerait pas aujourd'hui en tout cas. Il baissa la tête dépité, vaincu par la suite des événements imprévisible qui venait de s'enchainer sans qu'il puisse vraiment réagir. On lui ordonna de ne pas bouger en attendant qu'il trouve quelqu'un. Lui, il se contenta de garder la tête basse. Il allait surement fuir après qu'il eut fait quelque pas plus loin. Dommage se disait-il.

Il se releva avec peine lorsque l'autre eut l'air de trouver quelqu'un. Il redressa la tête quand une grande bourrasque le força à fermer les yeux et à tenir son grand chapeau. Lorsqu'il les ouvrit en direction de l'individu et qu'il aperçu cette silhouette blanche, une sueur froide l'envahit. Il lâcha lentement son chapeau qui s'envola au loin de nouveau. Il se paralysa totalement lorsque ses craintes furent bien réelles. Amarilys d'Harmony. Non pas lui. Pas maintenant!

Il lui tourna le dos lorsque son regard allait vers lui. Euryale ne put faire autrement que de trembler en resserrant ses bras contre lui. Qu'est-ce qu'il faisait là? Est-ce que son père voulait qu'il rentre prématurément? Dans tous les cas il était dangereux de rester ici pour le moment! Lorsqu'il se tourna à nouveau vers eux deux il vit Rainer passablement irrité contre l'autre. Gorgo n'entendait pas très bien de là où il était mais il voyait bien que l'un ne s'entendait pas avec l'autre.

Il courut avec difficulté vers eux, il manquait deux ou trois fois de s'écrouler en buttant sur le sable mais il arriva à destination. Le souffle court, le visage transpirant il tentait d'articuler malgré la chaleur. Le stress lui avait fait oublier le chapeau qu'il avait été sur sa tête et qui l'empêchait de se dessécher au soleil. Après avoir ravalé sa salive une ou deux fois il articula le plus fort qu'il le pouvait en direction d'Amarilys:

"Qu...Qu'est-ce que vous faite ici?! C'est mon père qui vous envoie?Vous...vous savez je...j'étais entrain de travailler.Ne pensez pas le contraire monsieur d'Harmoy!"


Il jeta un coup d’œil sur Rainer qui, tellement énervé de la situation, creusait dans le sable de rage. Il voulait le prévenir de l'homme était dangereux et qu'il fallait partir, mais il attendait tout d'abord la réaction d'Amarilys... qu'allait-il faire?

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le courant marin... [avec Rainy et Ama la fleur ♥]   Mer 20 Mar - 15:52



L'énergumène s'était finalement décidé à le suivre. Pour toute réponse au scepticisme qu'il avait osé montrer, Amarilys lui opposa un regard vivement amusé, quasiment langoureux et plein de sous-entendus libidineux qu'une dame de mauvaise vie et de petite vertu réserve généralement aux clients potentiels pour les décider à mettre la main à la poche, dans les deux sens du terme.
En parlant des chères disciples d'Aristote, au sens moderne, cet effronté en avait les manières et le savoir-vivre, manifestement. Comment avait-il pu survivre au Japon, terre de conformisme protocolaire s'il en était, sans se faire arracher la bouche et les amygdales par les autochtones choqués de ses incivils non-dits ? Comment d'ailleurs avait-il pu survivre à la voracité de ce monde en faisant un tel étalage de ses sentiments ? Ce type était un livre ouvert au moins autant qu'une catin après la passage d'une colonne de spartiates revenus de campagne militaire. Et puis il l'agaçait, il avait tout l'air d'un humain pénible et banal comme le monde en regorge, râleur pragmatique et contemporain quelconque. Enfin, un contemporain aux cheveux bleus quand même. S'il n'avait pas eu une once de vivacité dans le regard et un semblant de standing, Amarilys aurait juré avoir affaire à un junkie pseudo-marginal qui fustige la société tranquille depuis le confort d'un salon cosy. Rien de bien réjouissant. Et donc, peu lui importait ses doutes audacieux et ses commentaires douteux sur sa tenue.

"Vous savez nager ?"
"Je crains que non, mais enfin, je ne vois nul homme à la mer."

Du moins, pas encore, songea-t-il. Ca ne ferait qu'un thon de plus à la mer. Il retint un gloussement. Mais il recentra bien vite son attention sur la forme, qui, cette fois, ne laissait plus aucun doute quant à son identité ou sa vile, ou servile, nature. Euryale Gorgo, couard hybride méduse d'après les dossiers du Centre. D'après les rapports, ce qu'Amarilys pensait de cet hybride se résumait assez simplement : Il salissait inutilement une belle référence de la mythologie grecque. S'il s'était montré particulièrement utile pour la recherche fondamentale sur les hybrides, et en particulier sur les fantastiquement rares hybrides aquatiques et leurs propriétés spécifiques, son efficacité et sa loyauté étaient des plus douteuses. Les défaillances du Centre étaient décidément bien nombreuses, et les scientifiques ne cessaient de geindre quant aux difficultés qu'ils rencontraient de toutes parts malgré les crédits formidables qui leur étaient octroyés. L'obligation de discrétion, l'éthique douteuse, le cadre de travail souterrain peu stimulant, le manque de personnel, les horaires variables… Amarilys pesta contre les ressources humaines du projet. Et retint un nouveau gloussement. "Ressources humaines" pour des hybrides maltraités, voilà un beau contresens.
Pour revenir à des considérations plus sérieuses, que n'avaient donc préconisé les psychologues et psychiatres consultés en préambule du projet ? Si Amarilys se souvenait bien – ce dont il ne doutait pas un seul instant – ils avaient suggéré de mettre en place un cadre agréable, d'élever des hybrides au sein même du Centre et de les soumettre à une relation paternaliste de dépendance absolue qui entraînait mécaniquement une soumission utile, une obéissance et une loyauté exemplaires. De les traiter correctement et ainsi bénéficier de leur entière coopération et de voir leur volonté pliée au bien-fondé de l'entreprise qui était la leur.
Et si jamais le projet aboutissait à des découvertes d'ampleur, on aurait pu rêver de faire monter en puissance le lobby des expérimentations sur le vivant et de clouer le bec au bioéthiciens de tous bords, défenseurs de la veuve, de l'orphelin, du chien du voisin et du dentier parlant de Tante Ursule. Au lieu de cela, les premiers investisseurs du projet avaient jugé ces méthodes trop coûteuses et pas suffisamment rapides et avaient, de fait, massacré ses fondations mêmes. Et Amarilys devait maintenant essuyer les plâtres de leur incompétence. Il devait maintenant gérer le pire : des éléments rebelles qui pouvaient compromettre le Centre et faire éclater un scandale. Et alors, le scénario, tous les politiciens le connaissent : la populace s'indigne devant le journal télévisé, les journalistes se frottent les mains d'avoir autant de viande à mouliner, les politiques, dans un bel élan de solidarité nationale que sous-tend la rampante démagogie et les idéaux carriéristes, font écho au chœur des offusqués, et le sujet est bon pour être tabou dans la société civile pour une bonne dizaine d'années. Amarilys ne permettrait pas que son nom soit associé à un tel échec.
Tout à sa fureur, il ignora superbement le petit imbécile qui faisait des châteaux de sable en parlant de cosplay ("Zyva d'où tu m'parles avec ta perruque Régicolor "Manganèse Cérémonie" en vrai-fausse cyprine de mouette obèse ?"), et tourna tout son être vers celui qui était le symbole de ce qui était déjà un demi-échec : l'hybride méduse. Il lui lança un regard sans équivoque qui voulait à peu près dire "tu parles, je t'arrache le tentacule". Et alors, comment veux-tu, comment veux-tu que je t… Hem.
Tournant le dos à l'importun dont il ne connaissait même pas le nom, et il s'en fichait d'ailleurs, il était impossible que ce dernier l'eût aperçu. Bien entendu. Amarilys n'aurait jamais permis qu'il sacrifia son affable couverture.

"Allons, mon cher Euryale, ne soyez pas ainsi sur la défensive ! Je ne suis en aucun cas ici pour vous épier, je me promenais le plus paisiblement du monde lorsque votre… ami ? est venu me trouver pour me demander de l'aide."

Il montra du doigt le sommet du crâne de Gorgo, un instant plus tôt protégé par son espèce de… catogan ? coutumier, et désormais exposé à ce soleil cruel et malvenu. Voilà bien le seul point commun qu'ils avaient, pensa-t-il. Une certaine sensibilité à l'astre du jour.

"Si je puis me permettre, vu votre constitution, il est peu prudent de rester trop longtemps sans couvre-chef. Je pense ne rien vous apprendre là." poursuivit-il aimablement.

"Qui plus est, j'ai toutes les raisons de penser qu'au vu de votre nature – excusez-moi de livrer ce détail bénin aux oreilles d'une tierce personne - il vous serait des plus profitables de, ne serait-ce que tremper les pieds dans la mer ou au moins vous humidifier le visage." asséna-t-il doctement.

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